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28 avril 1448 (1), organisa le corps des francs-archersqui, exempts de toutes tailles, droits, corvées, etc.,sauf des aides de guerre et de la gabelle du sel, c’est-à-dire saufdesdroits royaux, durent faire le « serment« par-devant les eslus de bien et loyaument nous« servir envers tous et contre tou's et ne serviront« aucun en fait de guerre sans nostre ordonnance. »Ce premier essai ne réussit pas d’abord (cette orga-nisation fut améliorée en 1489 et 1480 par Louis XI ,comme nous le verrons ailleurs), mais le coup n’enétait pas moins porté aux droits féodaux, le roi sedonnant le pouvoir de disposer des petits vassaux desfiefs sans recourir à l’intermédiaire des seigneurs etd’exiger d’eux un service direct en compensation du-quel il les dispensait de certains devoirs envers leursuzerain (soit église, soit seigneur, soit ville).
Il y avait là un essai d’union direct du roi et dupeuple ; cette union se symbolisa en ajoutant sur lefond d’azur semé de fleurs de lis la croix qu’à dé-faut de vêtement uniforme le fantassin portait alorscomme signe de reconnaissance (2), et qui de plusrappelait aux hommes des communes la croix de pa-roisse qui jusque-là les avait conduits au combat.
(1) Cette ordonnance ne mentionne pas les enseignes des francs-archers, mais le héraut de Berry (Hist. chronologique de Char-les Vil) parle de la croix blanche des enseignes royales, « cequi tendrait à confirmer l’opinion que l'enseigne générale destroupes servant directement le roi en dehors du service féodal,comme les francs-archers, fut bleue, semée de fleurs de lis, tra-versée d'une croix blanche. » (P. Daniel, Milice française , t. î,p. 486).
(2) Voir plus loin auxCouleurs distinctives de nation ou de parti.