Buch 
Les drapeaux français : étude historique / par le comte L. de Bouillé
Entstehung
Seite
56
JPEG-Download
 

— 56 —

dards personnels ou « d’accompagnement », avecdescouleurs ou des emblèmes divers. Charles Henry d’Au-tresque, peintre du Roy, demeurant à Bourges , peignit« trois lances des trois couleurs que porte le Roy, c’est« asçavoir rouge, blanc et pers (bleu) » ; pour ce travailil reçut 6 livres tournois (Comptes de l’hôtel du roi).Lors de son entrée à Paris en 1437, Charles VII avaitun chapeau de castor blanc orné de pierreries et dehouppes de filets d’or, sur sa cuirasse une riche cotted’armes de velours incarnat, croisé d’or et d’argent,de perles et de pierreries; son cheval était capara-çonné de velours bleu céleste traînant à terre seméplus plein que vide de fleurs de lis (Vulson, Le VraiThéâtre d'honneur et de chevalerie).

En tête du traité des Tournois, Louis de Bruges estreprésenté faisant hommage de son livre au roiCharles VII , qui est assis sous un dais bleu fleurde-lisé, bordé de blanc et de rouge (reproduit dans lacollection Gaignières , t. Y1I, p. 56, Bibl. nat., Est.).C’est à cette époque que fut exécuté le manuscrit deRenaud de Montauban (Bibl. de l’Arsenal); aussi yvoit-on, t. II, p. 60, une tente royale sur laquelle lesfleurs de lis, l’or, le bleu, le blanc et le rouge con-courent à former un dessin des plus riches et desplus élégants. Dans ce manuscrit, les costumes despages et valets royaux (t. Il, p. 253, 281, etc.) sontpresque uniformément bleus et rouges. C’étaient, dureste, les couleurs héraldiques de la branche de Va-lois, régnante du temps où vivait le peintre de cesminiatures.

En 1429, lors de l’entrée à Reims, Jeanne d’Arc portait une bannière semée de fleurs de lis, et le duc