INVALIDES.
Jusqu’en l’année 1697, les officiers et soldats des ar-mées françaises qu’un âge avancé ou de graves blessuresavaient rendus incapables de continuer leurs services,étaient relégués dans les abbayes de fondation ou de no-mination royale. Ils y portaient le nom de Religieux-lais ou oblats, et étaient tenus à un service presquevil; souvent même ils se voyaient forcés de recourir àl’autorité du monarque pour qu’il les fit jouir de la vietranquille, de l’entretien et de la subsistance qui leuravaient été promis et qu’ils avaient achetés par leur va-leur et leur dévouement à la couronne. Comme il arri-vait, d’ailleurs, que des bénéficiers, surprenant la muni-ficence royale, faisaient nommer quelquefois leurs valetsaux places d 'oblats; que des militaires qui n’avaient pasmérité ces mêmes places les obtenaient aussi de préfé-rence à ceux qui y avaient les droits les mieux acquis,non-seulement restaient sans récompenses, mais man-quaient souvent d’asile, de vêtemens et de pain, Henri iv,instruit de cet ordre de choses, et touché d’une juste com-passion pour les dignes compagnons de ses victoires,leur ouvrit, en 1697, une retraite dans la maison royalede charité chrétienne, et affecta à leur subsistance et en-tretien les revenus de cette maison, auxquels d’autresfonds furent ajoutés trois ans plus tard. A la mort de cegrand prince, l’établissement fut supprimé, et les mili-taires vétérans renvoyés dans les monastères où ils avaientété admis précédemment. Le cardinal de Richelieu ré-tablit, en i633, la maison de charité chrétienne sous lenom de Commanderiede Saint-Louis . Enfin, en 1674,Louis xiv créa l’hôtel royal des Invalides .
Avant la révolution, les invalides se divisaient eu deuxclasses : la première se composait de soldats vétérans