En igof, le Ministre de la Guerre constitua une commis-sion qui devait être chargée de procéder au recensement destrophées, déposés tant aux Invalides qu'au Musée de l’Armée et qui devait proposer les mesures nécessaires pour assurer laconservation de ces reliques dont la détérioration causait dejustes inquiétudes.
La tâche était délicate. Ce n’est qu’avec un respect craintifqu’on ose toucher à ces glorieux débris. Il fallait cependant enconstater l’authenticité, en vérifier l’origine, retrouver les pro-cès-verbaux dispersés dans différents dépôts d’archives et dontbeaucoup n’avaient pas été régulièrement établis ou ne se retrou-vaient pas. Il fallait surtout nettoyer et consolider avec un soinminutieux les lambeaux restant après les hampes et chercher àprotéger ce qui en subsistait.
M. le commandant Vérillon avait fait des études sur lesTrophées de la France . Désigné comme secrétaire de la com-mission, ses notes personnelles, qui offraient un ensemble dedocuments des plus intéressants, devinrent la base du travailà entreprendre.
C’est alors qu’en qualité de Président de la commission etayant été à même d’apprécier l’utilité de ses recherches, je luiconseillai de compléter les renseignements qu’il avait réunis,d’y ajouter un narré succinct des faits de guerre se rapportantà la conquête des trophées, d’y joindre la reproduction dedessins tirés du Cabinet des Estampes de la BibliothèqueNationale et des photographies des drapeaux les plus intéres-sants, conservés aux Invalides .
Telle fut l’origine de ce livre dont la publication a pu êtreréalisée grâce au bienveillant intérêt que le Ministre de la