AVANT-PROPOS
e drapeau, jadis simple bannière du suzerain, est devenu,à mesure que les nationalités s’affirmaient, le véritableemblème de la Patrie . A ce titre, il est le trophée deguerre par excellence, et le prix attaché à sa conquêten’a fait que s’accroître. De tous temps, néanmoins,l’enlèvement d’un drapeau a été considéré comme une action d’éclat desplus brillantes. Sous l’ancienne monarchie, les rapports des généraux nemanquaient pas de citer le nombre des drapeaux conquis, et le transfertde ces trophées à Notre-Dame donnait déjà lieu à de pompeuses céré-monies. Mais c’est surtout lorsque la Patrie fut en danger que ce trophéede victoire devint inestimable.
Sous la Convention, les drapeaux ennemis ornèrent la salle même desséances, comme pour exalter encore, s’il était possible, l’ardent patrio-tisme des membres de l’Assemblée. Sous le Directoire , un décret promitune arme d’honneur au brave qui prendrait un drapeau à l’ennemi; plustard enfin, lorsque la Légion d’honneur fut instituée, la croix lui futaccordée.
Une décision prise par Napoléon III, après la bataille de Magenta , fitrejaillir sur tout le régiment la gloire acquise par un seul de ceux quicombattent dans ses rangs : le drapeau du régiment lui-même devait rece-voir à l’avenir la croix de la Légion d’honneur. Cette décision fut portéeà la connaissance de l’armée par l’ordre général du 27 juin 1889 ainsiconçu : « Lorsqu’un régiment prendra un drapeau à l’ennemi, ce régi-« ment sera autorisé à porter la croix de la Légion d’honneur attachée« au-dessous de son aigle. » Cet ordre était inspiré des « anciennes etglorieuses traditions » du décret impérial du i 5 août 1809, daté de
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