CAMPAGNES DU CONSULAT ET DE L’EMPIRE
régiments appartenant au même colonel combattre l’un contre l’autre.Enfin, un autre resta aux mains du grenadier Alorge, du 3 e bataillon dui 3 e de ligne, dans les circonstances suivantes : la division Lamarque, ducorps de Macdonald, ayant chargé les Autrichiens à la baïonnette,enfonça plusieurs carrés, fit 2 à 3 .000 prisonniers et s’empara de 5 dra-peaux. Mais, peu de temps après, cette division ayant subi de grandespertes, fut repoussée par les Autrichiens et se retira en désordre. Tousles prisonniers enlevés à l’ennemi durent être abandonnés et, des cinqgrenadiers portant autant de drapeaux, quatre ayant été tués, seul, Alorge,conserva son trophée.
Un drapeau fut enlevé aussi par le chef de bataillon Dessalons, du23 ° de ligne.
Combat d’Hollabrünn (10 juillet). — Deux drapeaux autrichiensfurent conquis par les troupes de Masséna.
Combat de Znaj r m (10 juillet). — Deux drapeaux tombèrent aupouvoir des troupes de Marmont (1).
Résumé. — D’après ce que nous venons de voir, il fut enlevé auxAu trie I liens, pendant cette campagne : i° pendant les cinq journées decombat autour de Ratisbonne , 4 1 drapeaux; 2° pendant la marche surVienne et la bataille d’Essling , 7; 3 ° par l’armée d’Italie, 16; 4 ° à labataille de Wagram et pendant la poursuite qui suivit, 14. Soit en toutj 8 drapeaux autrichiens.
Ces trophées furent très probablement déposés aux Invalides , carnous n’avons pu trouver aucun renseignement constatant qu’ils aient étédonnés par l’Empereur, pour décorer d’autres monuments de Paris .
(1) « (i5 juin). — En examinant une collection minéralogique que j’avais découverte« dans un coin du palais (de Schœnbrünn ), et que l’arcliiduc Jean avait voulu soustraire à« notre avidité pour les objets d’art et de science, j’ai trouvé dans une caisse un magnifique« drapeau de satin blanc et vert, couvert de broderies et de paillettes, la lance en bois« précieux orné de bronzes dorés très élégamment ciselés; c’était un présent d’une ville à« l’arcliiduc Jean. Sur le champ, j’ai porté cet étendard au grand maréchal, qui l’a présenté« à l’Empereur. Les olliciers de la Garde, en me voyant passer chargé de cette brillante« dépouille, me dirent : « Est-ce vous, monsieur le docteur, qui avez l'ait cette conquête ? —« Oui, messieurs, et ce n’est pas sans peine; j’ai battu la caisse, et j’ai arraché cet étendard« à plus de vingt..., oui, à plus de vingt clous autrichiens qui le retenaient... »
Note de l’auteur. — « L’Empereur dit à son retour au comte Eourcroy, qui le félicitait :« Dans cette campagne tous ceux qui m’entouraient m’ont satisfait par leur zèle, jusqu’à« mon apothicaire qui a enlevé un drapeau. »
Voyage en Autriche, en Moravie et en Bavière, fait à la suite de l’armée française,pendant la campagne de 180g, par le chevalier G.-L. Cadet de Gassicourt.
(Communication de M. G. Marchai.)