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Les trophées de la France / par le commandant M. Vérillon
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HISTORIQUE DE NOS ANCIENS TROPHEES

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chef avait accompagné l’Empereur dans ses campagnes. Ces 20 trophéescomprenaient : 7 drapeaux prussiens, 4 autrichiens, 3 bavarois , 2 turcspris en Egypte , et 4 d’origine inconnue.

Il existait donc au Musée d’Artillerie, à la veille de la Révolution dei 83 o, i 55 drapeaux. En raison du nombre existant actuellement, ilconvient d’admettre que les 9 trophées mentionnés comme étant d’origineinconnue comprenaient : 6 drapeaux espagnols, 2 portugais et 1 russe.Sous cette réserve, les i 55 drapeaux se décomposaient ainsi qu’il suit :94 espagnols, 3 y portugais, 5 anglais , 7 prussiens, 4 autrichiens, 2 bava-rois, 2 de Mayence, 2 turcs et 1 russe.

Aux journées de i 83 o, la foule pénétra dans le Musée pour ychercher des armes qu’elle y croyait cachées et i 5 drapeaux disparurent,savoir : 12 espagnols, 2 portugais et 1 anglais.

Le roi Louis-Philippe, plus libéral que ses prédécesseurs, décidaque la chapelle des Invalides redeviendrait, comme par le passé, lelieu de dépôt de nos trophées de victoires. Le maréchal Soult, ministrede la Guerre, demanda au président du Comité d’artillerie l’inventairedes drapeaux existant au Musée, dans l’intention d’en ordonner le verse-ment aux Invalides . Sur les protestations du conservateur du Musée et duprésident du Comité d’artillerie, le Ministre consentit à laisser au Musée3 o drapeaux sur les 140 qui s’y trouvaient encore, mais il exigea que les110 autres trophées fussent versés aux Invalides .

Le Musée d’Artillerie, ayant versé aux Invalides no drapeaux(74 espagnols, 32 portugais et 4 anglais ), ne resta donc plus en possessionque de 3 o trophées comprenant : 8 drapeaux espagnols, 3 portugais ,7 prussiens, 4 autrichiens, 3 bavarois, 2 de l’électeur de Mayence, 2 turcset 1 russe.

2 ° Chapelle des Invalides . — Après la destruction par les flammes,le 3 o mars 1814, des trophées qui la décoraient, cette chapelle, naguèresi resplendissante de toute la gloire française, où la fumée de l’encensprenait une vague odeur de poudre en caressant ces étendards, témoinsde tant de luttes héroïques, garda le deuil du souvenir, et, privée deses parures, sembla comme désolée des malheurs dont la Patrie venaitd’être frappée.

Nos braves Invalides , alors tous vétérans de nos grandes guerres,n’avaient plus, comme suprême consolation de leur vieillesse, la joie decontempler ces trophées, dont la conquête avait exigé d’eux une vieentière d’abnégation et de sacrifice. Au fond de la retraite la plus calmeet la plus paisible qui soit, le souvenir même des sanglantes mêlées, desfurieux assauts, des héroïques journées d’autrefois, avait fini par s’effacerde leur mémoire, quand tout à coup, après quinze années de silence,retentit et les lit tressaillir la grosse voix qu’ils connaissaient si bien

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