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LES TROPHÉES DE LA FRANCE
rurent. Un des drapeaux fut retrouvé d’une façon assez curieuse : il fut remis,en i 855 , au duc d’Aumale, héritier des Condé, par un prêtre, qui avaitreçu, en confession, mission d’opérer sa restitution. M. Bapst a réussià découvrir la clef de cette énigme. Le drapeau était en la possessiond’une des plus vieilles et des plus nobles familles de France , qui leconservait au milieu de ses collections d’objets précieux. Un érudit le vitun jour et le reconnut pour être une des enseignes de celte fameuse« infanterie wallonne que l’on n’avait pu rompre jusqu’alors ». Il voulutaussitôt en faire consentir la cession à l’Etat par le propriétaire, maiscelui-ci s’y refusant obstinément, le visiteur ne craignit pas d’en venir auxmenaces d’une dénonciation à la Direction de l'artillerie. Le proprié-taire dut alors s’exécuter et c’est ainsi que, par l’entremise d’un prêtre,s’opéra la restitution. L’authenticité du drapeau est indéniable, car c’estl’un de ceux qui sont dessinés sur la gravure qui représente les Gardessuisses portant à Notre-Dame les trophées de Rocroy .
Il ligure actuellement dans la grande salle des batailles du Musée deChantilly.
7 ° Musée de Cluny. — Le Musée de Cluny possède égalementquatre trophées de l’ancienne monarchie.
Voici, d’après M. Germain Bapst , comment a survécu jusqu’à nosjours l’un de ces drapeaux.
Il était d’usage à Notre-Dame , lorsqu’arrivaient de nouveaux dra-peaux, d’enlever les anciens et de les déposer dans quelque local oùils étaient voués à l’oubli. Viollet-le-Duc , s’occupant des restaurations dela cathédrale, visitait un jour les combles de l’église et trouva un drapeauqu’il remit à M. du Sommerard, directeur du Musée de Cluny . Celui-ci,voyant un drapeau avec la croix de Bourgogne, crut reconnaître undrapeau de Charles le Téméraire , ignorant sans doute que les Espa-gnols, les Flamands et nombre de corps autrichiens portaient au dou-zième siècle les bâtons noueux de Bourgogne.
Ce drapeau, qui est flamand, provient d’une des campagnes de 1690ou 1692 qui valurent au maréchal de Luxembourg l’appellation de« Tapissier de Notre-Dame ».
fces deux autres drapeaux, espagnols, datant du dix-septième oudu dix-huitième siècle, de même que la flamme de galère vénitienne dudix-huitième siècle, sont de provenances inconnues.
Résumé. — En rgo 5 , le Musée d’Artillerie et le Musée historiquede l’Armée furent réunis en un seul qui prit le nom de Musée de l’Armée .
D’autre part, le directeur du Musée ainsi réorganisé eut égalementdans ses attributions le commandement de l’établissement des Invalides .