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Les exercices de langage ne doivenl pas faire de nos enfantsdes perroquets, mais des etres pensants et sachant exprimer leurspropres pensees. II n’est pas facile de faire parier renfant et cesexercices d’eloculion deviennent vite monotones, par consequentennuyeux si nous ne nous ingenions pas ä les rendre tres vivants.Mettons ä la base de ces exercices quelque chose qui eveille, quiexcite l’interet des enfants. Prenons, par exemple, un tableau»faisons raconter tout ce qu’on y voit, ce que font les personnagesqui y figurent: nous aurons fort ä faire k tout ecouter. A-t-on mon-tre un animal, nous demanderons ä renfant s’il en connait d’autrespresentant les meines caracteres ou de tout ä fait dissemblables;les reponses ne se feront pas attendre. S’agit-il d’une scene enfan-tine, nous n’aurons pas de peine, si nous avons nous-meme liienetudie le sujet, ä la faire raconter. Veut-on faire un exercice sur leverbe, faisons dire ä l’enfant tout ce que font les personnages de lagravure, tout ce qu’il peut ou ne doit pas faire lui-meme.
Diriges de cette facon, ces exercices ne sont plus ni abstraits nimonotones, mais tres suggestifs ; ils apprennent ä renfant ä obser-ver, ä penser et par consequent ä parier. Nous nous garderons biende faire repeter des phrases toutes faites : ce riest pas ce quenous pensons que l'enfant doit savoir dire, mais bien de ce qiiil pense.Le seul moyen de connaitre ses idees, justes ou fausses, c’est de leslui laisser exprimer dans son langage, que nous corrigerons peu äI>eu en meine temps que nous augmenterons son vocabulaire.
Les exercices d’eloculion devraient occuper une plus large placedans notre enseignement; les enfants ayant 6, 7 ou 8 annees d'ecolemanieraient alors leur langue avec plus de facilite et la lectureserait pour eux ce qu’elle doit etre, une source de jouissances et deconnaissances nouvelles. Si la lecture est en general si peu profita-ble, n’est-ce pas justement parce que, au debut, on a accorde unetrop grande importance au mecanisme de cet enseignement sausen considerer le cöte educatif? L’enfant lit des syllabes, des mots,des phrases ne se rapporlant ä rien dans son esprit; il prend ainsil’habitude de lire pour lire, de ne pas aller plus loin que le mot, dene faire attention ni au sens, ni ä la forme de ce dernier. G’est aussiet toujours parce qu’on va trop vite en besogne et qu’on pense plusau but iminediat, la lecture mecanique, au programme a remplirqu’au developpement de l’enfant. Vouloir baler les temps c’est encompromeüre le resultat final, qui sera d’autant mieux atteint qu’onl’aura voulu moins vite.