30
ABRÉGÉ D’HISTOIRE GÉNÉRALE
puissante, une expédition désastreuse, où furent détruitesleur flotte et leur armée.
Dans la troisième période de la guerre, les Spartiatess’allièrent avec le roi des Perses et obtinrent de luil’argent nécessaire à la construction d’une flotte. Vaincusdans une première rencontre, ils confièrent le commande-ment à Lysandre, chef énergique et rusé, lequel avait,disait-on, cousu la peau du renard à la peau du lion.Lysandre surprit les Athéniens à Aegos-Potamos etdétruisit complètement leur flotte et leur armée. Athènesdut se rendre. Ses murs et ses fortifications furent rasés ;elle dut subir la suprématie de Sparte (404).
Cependant Athènes, vaincue et humiliée, n’en étaitpas moins une ville superbe par la magnificence de sesmonuments ; elle resta le foyer des lettres et des arts, lavéritable capitale intellectuelle de la Grèce.
§ 36. Les trente tyrans. Socrate. — La chute d’Athènesdonna à Sparte l’hégémonie sur le monde grec ; satyrannie provoqua toutefois des résistances et desrévoltes, et sa domination fut, à plusieurs reprises,menacée.
Les Athéniens commencèrent par se débarrasser dugouvernement aristocratique imposé par Sparte, et parchasser les trente tyrans qui la désolaient.
Socrate, qui favorisait l’aristocratie, fut victime decette révolution.
Socrate a été un des plus grands des philosophes grecs.Il croyait à un Dieu unique et à l’immortalité de l’âme.Sa morale était très pure. Ses ennemis cependant l’accu-sèrent de corrompre la jeunesse, et le vieux philosophe— il avait alors 70 ans — fut condamné à boire la ciguë.
§ 37. La retraite des Dix Mille 1 . — A la même époque,
1 Ce récit a un caractère épisodique. Il sert surtout à expliquer,plus tard, les rapides succès d’Alexandre contre les Perses. Le maîtrepourra, s’il le juge nécessaire, le transposer entre les §§ 41 et 42, ensupprimant les quatre premiers mots du § 37 et les trois premièresphrases du § 38.