HISTOIRE GRECQUE
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l’eau glacée du Cydnus, il faillit mourir, et ne dut sonsalut qu’à sa confiance en son médecin qu’on lui avaitpourtant dénoncé comme traître. Après sa victoire, iltraita avec les plus grands égards la femme et les fillesde son adversaire, le roi des Perses. Mais il avait ausside graves défauts : ivrognerie, colère, orgueil. Dansl’ivresse d’un banquet, il tua son ami Clitus, qui lui avaitsauvé la vie. Il fit périr son meilleur général, Parménion.
D’autre part, Alexandre ne fut pas seulement le plusgrand des conquérants ; il sut aussi organiser et civiliserles pays soumis. Il ne voulait pas faire des Perses lessujets des Grecs, il cherchait, au contraire, à mélangerles deux peuples et les deux civilisations. Il épousaune des filles de Darius et donna pour femmes à plu-sieurs de ses officiers et de ses soldats des jeunes fillesasiatiques.
Il fonda Alexandrie en Egypte et de nombreuses villesdans les pays conquis. Il rêvait de conquérir Carthage etl’Afrique, de canaliser l’Euphrate, de créer un vaste portà son embouchure. Une mort prématurée l’enleva à sesprojets. Il laissait son empire « au plus digne ».
§ 44. Démembrement de l’empire d’Alexandre. — Ses
successeurs, les diadoques, se disputèrent son héritage.L’empire fut désolé par vingt années de guerres atroces.Elles se terminèrent par la grande bataille d ’Ipsus (301).L’empire fut alors partagé en trois royaumes principaux :la Macédoine, la Syrie et l’Egypte. Dans chacun de cesroyaumes, la dynastie était grecque, les fonctionnairesétaient grecs, le grec était la langue officielle. La civi-lisation grecque pénétra ainsi en Orient ; celui-ci fut,comme on dit, hellénisé.