170
ABRÉGÉ D’HISTOIRE GÉNÉRALE
voulut pas renoncer au droit d’asile. Dans les cours étran-gères, l’ambassadeur de Louis XIV refusa de céder lepas à celui du roi d’Espagne.
Mais ces succès ne suffisaient pas à l’ambitieux mo-narque. A la mort de son beau-père, Louis XIV réclama,pour sa femme, les Pays-Bas, en vertu du droit de dévo-lution. Il les envahit et ne fut arrêté que par l’interven-tion des Hollandais. Ceux-ci s’allièrent à l’Angleterre età la Suède, et ces trois puissances contraignirent la Franceà signer la paix d’Aix-la-Chapelle, La France conservacependant douze places fortes en Flandre.
Louis XIV tourna alors ses armes contre la Hollandeet pénétra dans ce pays. Mais les Hollandais ouvrirentleurs digues, et les armées françaises reculèrent devantl’inondation. La paix de Nimègue termina la guerre. LaFrance y gagna la Franche-Comté, que dut lui céderl’Espagne (alliée des Hollandais), et douze nouvellesplaces des Pays-Bas.
§ 223. Apogée de Louis XIV. — Louis XIV atteignitalors l’apogée de sa puissance. Personne en Europe n’é-tait en mesure de lui résister. Aussi abusa-t-il de sa force.Grâce aux chambres de réunion, il s’annexait, en pleinepaix, des territoires importants. Il s’empara égalementde Strasbourg par surprise. Il humilia la ville et le dogede Gênes, coupables d’avoir vendu des vaisseaux àl’Espagne.
A l’intérieur, tout esprit d’indépendance était étouffé.Les protestants furent en butte à de violentes persé-cutions. Le gouvernement organisa contre eux les ter-ribles dragonnades. Puis le roi prononça la révocationde l’Edit de Nantes (1685) ; par cet acte, il enlevait auxréformés tout ce que leur avait laissé Richelieu. Un grandnombre de ceux-ci émigrèrent et trouvèrent asile enAngleterre, en Hollande, en Suisse, en Allemagne. Ils yapportèrent leur intelligence, leur esprit d’ordre et detravail. Ils ont beaucoup contribué à la prospérité despays qui leur accordèrent l’hospitalité.