LA RÉVOLUTION
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suivait les événements avec beaucoup d’intérêt et applau-dissait aux réformes. Mais c’étaient surtout les Parisiensqui se passionnaient. De nombreux journaux renseignaientl’opinion publique. Des clubs ou sociétés politiques(Feuillants, Jacobins, Cordeliers) se réunissaient chaquesoir et discutaient avec passion.
L’Assemblée commença par rédiger un certain nom-bre de principes généraux formant la Déclaration (lesdroits de l’homme. Puis elle donna à la France une cons-titution. Celle-ci confiait le pouvoir à une Assembléelégislative et au roi. La division du pays en provincesdisparut et fut remplacée par la division en départements.Les biens du clergé furent déclarés propriété nationaleou biens nationaux ; les prêtres devenaient de simplesfonctionnaires. L’impôt remplaça les taxes injustes ouvexatoires. Pour obtenir de l’argent, on émit du papiermonnaie, les assignats, dont les biens nationaux garan-tissaient la valeur.
Tous ces changements provoquèrent en France untrès vif enthousiasme, qui se manifesta le 14 juillet 1790,dans une fête grandiose, la fête de la Fédération.
§ 256. Mort de Mirabeau. Fuite du roi. — Mais le roin’était pas sincère. Il regrettait les concessions qu’ilavait accordées. D’autre part, les révolutionnaires avancésne se déclaraient pas satisfaits ; ils demandaient sansrelâche de nouveaux changements. Le peuple de Parisétait agité. Mirabeau, fougueux révolutionnaire au début,s’était rapproché de la cour. Il mourut en 1791. Sa mortprivait le roi d’un précieux appui ; Louis XVI décidaalors de s’enfuir et de gagner la frontière (20-21 juin1791). Mais il fut reconnu et arrêté à Varennes, puisramené à Paris. Cette fuite le rendit impopulaire et ruinapresque complètement son autorité.
§ 257. L’Assemblée législative. La guerre. — Le 30 septembre 1791, l’Assemblée constituante se séparait, après