LA RÉVOLUTION
207
L’histoire de la législative est celle de la lutte perpé-tuelle du roi contre l’assemblée, sous les yeux du peu-ple de Paris révolté. La populace de la capitale intervintplusieurs fois directement dans les affaires publiques etprovoqua des catastrophes. La guerre vint encore com-pliquer la situation.
De nombreux émigrés avaient cherché un refuge enPrusse et sur le territoire autrichien des Pays-Bas.L’Assemblée força le roi à déclarer la guerre à VAutricheet à la Prusse. Puis elle prononça des peines graves contreles émigrés et les prêtres réfractaires. Le roi essayad’opposer son veto, mais dut le retirer aussitôt devant lamenace des Parisiens ; la populace révoltée envahit lesTuileries ; le roi et sa famille coururent un sérieux danger.
§ 258. Massacre du 10 août. — Les événements de laguerre eurent les répercussions les plus graves sur ceuxde la capitale. Mal commandées, mal organisées, trahiespar quelques-uns de leurs chefs, les troupes du roi éprou-vèrent échec sur échec, et l’Assemblée se vit obligée deproclamer la patrie en danger. Les Parisiens crièrent àla trahison et accusèrent Louis XVI de faire cause com-mune avec les ennemis de la France. C’est alors qu’arrivaà Paris le manifeste insolent du duc de Brunswick,général des troupes prussiennes, menaçant la ville d’unepunition exemplaire si elle ne rentrait pas dans l’ordre.Le peuple de Paris n’en voulut pas supporter davantage.Dans la journée du 10 août, les insurgés massacrèrent lesSuisses qui gardaient le palais des Tuileries. L’Assembléeprononça la suspension du monarque ; il fut enfermé,avec sa famille, dans la prison du Temple. L’Assembléedécréta aussi la réunion d’une Convention nationale.Pendant que les élections avaient lieu, la populace enfurie se livra aux odieux massacres de septembre (2 au7 septembre 1792).
La veille de l’ouverture de la Convention, l’armée fran-çaise, commandée par Dumouriez, remportait la vie-