220 ABRÉGÉ D’HISTOIRE GÉNÉRALE
le roi de Rome, sembla assurer l’avenir de la dy-nastie.
Cependant cet éclat était trompeur. Le despotismede Napoléon exaspérait les peuples, et ceux-ci se prépa-raient à la revanche.
§ 273. Campagnes de Russie, d’Allemagne, de France.— L’heure de la revanche devait bientôt sonner. En1812, Napoléon déclara la guerre au tsar de Russie,qui avait violé le blocus continental. Il jeta sur l’empiremoscovite la Grande Armée, forte de six cent millehommes. Il passa le Niémen, traversa la Russie, arrivasur les bords de la Moscova ; il y battit les Russes àBorodino et 'pénétra dans Moscou. Mais il n’avait pas,pour cela, abattu la Russie. Le tsar refusa la paix.Moscou fut en partie détruite par un incendie. On étaiten octobre et Napoléon ne pouvait songer à y passerl’hiver. Il dut se résoudre à abandonner sa conquête.Ce fut la célèbre retraite de Russie ; elle dura d’octobreà fin décembre (1812) ; elle fut désastreuse. Presquetoute la Grande Armée périt dans les plaines glacées dela Russie (terrible passage de la Bérésina). Lorsqu’ellerepassa le Niémen, elle était réduite à 25 000 hommes.
A la nouvelle de cette catastrophe, les peuples oppri-més reprirent courage, se soulevèrent et conclurent lasixième coalition. Napoléon accomplit encore, il estvrai, des prodiges dans la campagne d’Allemagne. Avecdes forces bien inférieures, il remporta des victoires.Mais il finit par succomber sous le nombre ; il fut com-plètement écrasé dans la formidable bataille de Leipzig,surnommée la bataille des nations (16-19 octobre 1813).La domination impériale sur l’Europe était brisée.
Les Alliés attaquèrent ensuite l’empereur en France.Napoléon leur tint encore tête avec soixante mille hommesde troupes improvisées : résistance opiniâtre et héroïque,mais inutile. Les alliés entrèrent à Paris ; Napoléonabdiqua (6 avril 1814) et fut relégué dans l 'île d’Elbe.