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ABRÉGÉ d’histoire GÉNÉRALE
rent les patriotes, occupèrent la capitale ; la tyrannierusse sévit de plus belle, et de violentes persécutionsfurent dirigées contre les patriotes.
§ 285. En Allemagne, les partis avancés visaient àdeux buts : obtenir des constitutions libérales pour leursEtats, réaliser l’unité allemande. Là encore, le vieuxMetternich réussit à écraser l’esprit nouveau ; la pressefut bâillonnée ; un grand nombre de patriotes furentjetés en prison ; d’autres quittèrent le pays.
En Italie, l’Autriche parvint aussi à comprimer le libé-ralisme.
En Espagne (Marie-Christine contre Don Carlos) et auPortugal, les luttes politiques se compliquaient de luttesentre divers prétendants. En fin de compte, ces deuxpays retombèrent aussi sous le joug de l’ignorance etdu cléricalisme.
§ 286. La révolution de Février. Louis-Napoléon.L’Empire. — Ainsi donc la période qui suit 1830 ne tintpas les promesses du début. Pendant quinze annéesencore les idées libérales furent étouffées. Il fallut unetroisième révolution française pour les réveiller à nou-veau.
Le despotisme de Guizot, le puissant ministre de Louis-Philippe, son opposition à toute réforme sérieuse irri-taient les libéraux français. Ils organisèrent des banquetsde protestation. Le ministre ayant prétendu les interdire,Paris se souleva : la ville se couvrit de barricades. Le roiessaya d’apaiser l’émeute en congédiant son ministre.Le danger semblait écarté, lorsque, dans la soirée du23 février, la troupe, par suite d’un malentendu, tirasur le peuple. Un nouveau soulèvement éclata alors,plus terrible que le premier. Louis-Philippe dut s’enfuiren Angleterre. La république fut proclamée. Le suffrageuniversel fut rétabli. On créa des ateliers nationaux pourfournir du travail aux ouvriers sans occupation.