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42. - LA BATAILLE DE BOUVINES.
K.YntETIF.N
1. Philippe Auguste et Jean Sans Terre. — Jean SansTerre était un prince lâche et cruel. 11 se délivra, par uncrime affreux, de son neveu Arthur qui aurait dû hériterde la couronne (1205).
Philippe Auguste fit prononcer la confiscation * des pro-vinces pour lesquelles Jean lui devait l’hommagé.
Sans perdre de temps, Philippe entra dans ces provinceset réunit au domaine royal la Normandie, l’Anjou, leMaine, la Touraine, le Poitou, et reconstitua ainsi lapuissance des anciens rois francs (1204).
2. Ligue contre Philippe Auguste. — Jean forma Uneligue* avec l'empereur d’Allemagne, Otton IV, etdes vassauxdu roi de France, le comte de Flandre, le comte de Itoulogne.
Mais tous les chevaliers, les milices des communes sepressèrent avec ardeur autour de Philippe Auguste, qui ren-contra l’armée ennemie en Flandre, entre Lille et Tournai,prés de Bouvines (1214).
RÉCIT
3. La bataille de Bouvines (l214). — Le malin dela bataille, le roi Philippe dit à ses barons « Si vousvoyez que la couronne soit mieux tenue par l’un devous que par moi, je la céderai volontiers. » Lesbarons, vivement émus, lui répondirent : « Sire, pourDieu, merci! nous ne voulons d’autre roi que vous! »
L’armée avait à passer une petite rivière. Le roi, fa-tigué et accablé par la chaleur, car on était au mois dejuillet, se reposait sous l’ombre d’un frêne, lorsqu’onl’avertit de l’approche de l’ennemi. Aussitôt le roi seleva et monta à cheval d’un air tout joyeux; dans laplaine retentissait le cri : « Aux armes! aux armes! »
Sur le front de l’armée allemande, le char impé-rial se dressait portant un dragon énorme, « dont lagueule béante, dit un chroniqueur, semblait vouloir