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51. — LES FILS DE PHILIPPE LE BEL. LA LOI SALIQUE.
ENTRETIEN
f. Les (Ils de Philippe le Bel (»314-t328); affran-chissement des serfs. — Jamais famille n'avait paru plusflorissante que celle de Philippe le Bel; il avait trois filspleins de jeunesse et dé vigueur : Lovis, Philippe et Charles.En quatorze ans, ces trois fils régnèrent et moururent.
Louis X le Hutin* sacrifia aux rancunes de la noblesseun des principaux conseillers de son père, Enguerrand deMarigny, qui avait administré les finances et qui fut pendu.
Louis X marqua pourtant son règne si court par une belleordonnance sur l’affranchissement des serfs (1316).
2. Philippe V (1318-1322); la loi italique. — Louis Xmourut en 1316; il ne laissait qu'une fille. Son frère Phi-lippe fut proclamé roi en vertu d’une vieille loi des Francs,la loi s alique, qui déclarait les filles incapables de succéderà la terre salique.
Les hommes les plus savants ne sont pas d’accord sur cemot. C’était probablement une terre noble qui entraînaitpour le possesseur l’obligation du service militaire. Aussi lesfilles n’en pouvaient-elles hériter.
— Mais vous nous avez dit que des rois avaient agrandileurs domaines par des mariages.
— Sans doute. Les filles n'étaient pas en général exclues del’héritage. Or les légistes ne voulurent pas suivre, pour lasuccession au trône, les régies ordinaires. Ils persuadèrentaux seigneurs français que la couronne devait être assimiléeà une terre obligeant au service militaire.
La véritable raison est celle-ci : On avait tellement exaltél’autorité royale qu’il ne parut point possible, selon l’expres-sion du temps, « que la couronne tombât en quenouille* ».
— Blanche de Castille n’avait-elle pas été régente ? —Oui, et plusieurs reines devaient, par la suite, être régentes.Mais elles ne gouvernaient qu’au nom de leur fils, pas enleur propre nom, ni par un droit d’héritage.
— Pourtant on dit qu’il y a des reines qui gouvernent. J’aientendu dire que la reine Victoria gouvernait l'Angleterre.
— Oui. Mais les Français ne se sont pas accommodés decette coutume qui a prévalu dans beaucoup d’autres pays.
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