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HISTOIRE GRECQUE
Athènes même l’orateur Eschine trahissait sa patriepour le roi de Macédoine.
L’orateur Démosthène. — Cependant tout patriotismen’était pas éteint en Grèce et Philippe rencontra un ad-versaire digne de lui dans l’Athénien Démosthène. Cethomme, qui fut le plus grand des orateurs grecs, avaitd’abord une peine extrême à s’exprimer ; mais à force depersévérance il vainquit cette difficulté naturelle. Tantôtil montait une colline d’un pas rapide, en récitant desvers à haute voix ; tantôt il se tenait au bord de la mer,la bouche à demi remplie de petits cailloux, pour forcersa langue à se délier, et il luttait de la voix avec le fracasdes vagues. Dès que Démosthène put s’occuper des af-faires publiques, l’ambition du roi de Macédoine fut saconstante préoccupation et il devint l’âme du parti pa-triote. Mais ses harangues véhémentes (les Philippiquescontre Philippe ; les Olynthiennes, pour sauver Olyn-the) furent impuissantes contre la ruse et la force, etPhilippe étendit ses conquêtes sur la Thessalie et l’Eu-bée : il fut bientôt aux portes de la Grèce.
Les guerres sacrées. — Les Grecs eux-mêmes ou-vrirent au roi de la Macédoine l’entrée de leur patrie.Une première fois les Phocidiens, une seconde foisles Locriens avaient enlevé au temple de Delphes uneportion de territoire sacré. Le tribunal amphictyoni-que (p. 54.) les condamna à une amende pour ce sa-crilège, et comme ils refusaient de payer, Philippefut chargé d’exécuter la sentence. Les Phocidiens etles Locriens furent successivement vaincus. Les ar-mées macédoniennes s’étaient donc avancées jusqu’aucentre de la Grèce.
Bataille de Chéronêe (338). — Philippe résolut d’enfinir avec les Grecs et menaça l’Attique. A cette nou-velle, Athènes est saisie de stupeur; l’assemblée dupeuple se réunit en toute hâte; mais aucun des orateurs