PRISE DE RUMli PAR LES GAULOIS 153
90. Prise de Rome par les Gaulois (390). — Inva-sion des Gaulois. — Les Gaulois ou habitants de laGaule étaient une race encore barbare, guerrière et ai-mant les expéditions lointaines. Ils comprenaient ungrand nombre de peuplades, dont quelques - unesavaient passé les Alpes et s’étaient établies dans lesplaines du Pô. Ces Gaulois des bords du Pô voulurentdescendre dans l’Italie centrale. Ils franchirent l’Apen-nin et vinrent demander des terres à la ville étrusquede Clusium ; sur son refus, ils l’assiégèrent. Celle-ciimplora le secours de Rome, qui envoya trois Fabiuspour interposer leur médiation. Cette tentative n’ayantpas réussi, les ambassadeurs s’unirent aux assiégéset l’un d’eux, dans une sortie, tua un chef gaulois.Cette violation du droit des gens irrita les barbares,qui demandèrent à Rome réparation. Les féciaux(p. 134) insistaient pour livrer les coupables: maisceux-ci furent absous, grâce au crédit de la puissantefamille des Fabius.
Bataille de VAllia. Prise de Rome. — Alors les bar-bares marchent sur Rome. Arrivés près de VAllia, pe-tite rivière à quelques heures de la ville, ils rencontrentl’armée romaine, qui, elfrayée de leurs cris et de leuraspect sauvage, s’enfuit presque sans combattre. Ce futune affreuse déroute: les débris des vaincus se réfu-gièrent dans le Capitole, la citadelle de Rome; la villemême fut abandonnée aux Gaulois. Ceux-ci surpris detrouver les portes ouvertes et de ne rencontrer aucundéfenseur, étaient entrés avec précaution. Leur étonne-ment augmenta en apercevant, devant un certain nom-bre de maisons, des sénateurs, qui, ayant refusé defuir, s’étaient revêtus des insignes de leur charge et as-sis sur leurs chaises curules (sièges sénatoriaux). LesGaulois les prirent pour des statues ou pour des êtressurnaturels ; mais l’un des barbares ayant voulu toucher