LA RÉFOUMATION EN ALLEMAGNE
40
des chevaliers, et ériger cette contrée en duché héréditaire dans safamille. Un tel exemple, donné par un haut dignitaire ecclésiastique,pouvait être dangereux pour l'Eglise et produisit une grande sensa-tion. En revanche, hon nombre de souverains se montraient les ad-versaires acharnés des nouvelles doctrines et firent même une liguepour extirper la Réforme. Les Etats évangéliques s’entendirent aussipour la défense de leur foi commune. La guerre civile fut près d’écla-ter. Charles (Juint, qui venait de conclure le traité de Madrid, sedisposait à appuyer les catholiques ; mais la rupture de ce traitéobligea l'empereur et les princes catholiques à différer leurs projets.
Protestation de Spire (1.V29). — Après la paix deCambrai, l’empereur crut le moment enfin venu determiner les différends religieux, et convoqua à ceteffet une diète à Spire (sur le Khin). Les catholiquess’y trouvèrent en majorité. La diète interdit aux Lu-thériens toute innovation ultérieure et toute extensionnouvelle. Condamner ainsi la Réforme à s’arrêter dansson développement, c’était prononcer son arrêt demort. Aussi les princes évangéliques déposèrent-ilscontre le décret de la diète de Spire une protestation,par laquelle ils en appelaient à l’empereur et à unconcile. C’est cet acte, demeuré fameux, qui devaitdonner aux partisans de Luther le nom de Protestants.
Confession d'Augsbourg. Ligue de Smalkalde. —Menacé par les Turcs qui venaient d’assiéger Vienne,et ayant besoin d’être soutenu par l’Allemagne entière,Charles Quint convoqua à Augsbourg une nouvellediète qu’il présida en personne. Les protestants pré-sentèrent l’exposé de leurs doctrines dans une Confes-sion de foi, rédigée par Mélanchthon dans un esprittrès modéré. Mais celle-ci fut encore condamnée parla diète. Alors les princes protestants, effrayés des me-naces de l’empereur, se réunirent à Smalkalde (dansla Thuringe) et formèrent une ligue pour se défendres’ils étaient attaqués pour cause de religion.
4