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X\ I e SIÈCLE
remarquait les comtes d'Egmont et de Homes, tousdeux exécutés à lîruxelles en présence d'une fouleconsternée. Partout l’on rencontrait des potences, deséchafauds, des bûchers, des roues, instruments de sup-plices qui attendaient les coupables. La fanatique solda-tesque espagnole se prêtait avec une joie féroce auxmesures les plus sanguinaires et se livrait à tous lesexcès.
Les gueux des bois et les gueux marins .— Prise deBrielle. — Toute résistance semblait comprimée. Lanation n'avait plus d’espoir que dans les émigrés. Bonnombre de ceux-ci continuaient à inquiéter le gouver-nement espagnol par des incursions tantôt sur terre(c’étaient les gueux des bois), tantôt par mer (les gueuxmarins ) ; mais ces tentatives n’eurent d’abord aucunsuccès. C'est pour immortaliser ces divers exploitsque le duc d’Albe se fil ériger sur la place publiqued’Anvers une statue de bronze, qui le représentaitfoulant à ses pieds un monstre, emblème de la révolte.
Enfin, pour mieux tenir le pays dans la dépendance,le duc d’Albe, après l’avoir décimé, résolut de le rui-ner. Au mépris des constitutions nationales, il leva desimpôts désastreux pour le commerce et l’industrie.Les marchands de Bruxelles fermèrent leurs magasinset refusèrent de payer de nouveaux impôts. Le ducd’Albe, furieux de cette résistance inattendue, donnal’ordre de pendre les récalcitrants devant les portes deleurs maisons. Toute la ville était dans la consternation.Déjà les gibets étaient dressés, lorsqu’un courrier vintannoncer qu’une troupe de gueux marins s’était em-parée du port de Brielle en Zélande.
Cette nouvelle fut un coup de foudre pour le ducd’Albe ; il révoqua ses ordres barbares, suspendit lalevée de l’impôt et courut étouffer l’insurrection à sa