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résignation, que la sublimité de sa mort allait aux yeuxde la postérité effacer les nombreuses fautes de sa vie.Elisabeth au contraire se déshonora par une lâche hy-pocrisie. Craignant les terribles représailles des roiscatholiques, elle feignit ne pas avoir signé l’arrêt demort définitif; elle punit les agents de l’exécution, ettandis que des feux de joie étaient allumés dans toutel'Angleterre, elle poussait l'effronterie jusqu a prendrele deuil de sa viclime et à lui faire de pompeuses obsè-ques.
Lutte d’Elisahetii et de Philippe II.— Défaite del’invincible Armada. — La tête de Marie Stuart étaitunsanglant défi jetéà l’Europe catholique. Le pape, Phi-lippe II, les Guises, saisis de fureur, jurèrent de vengerla royale martyre. JacquesYI parutd’abord aussivouloirdemander justice du sang de sa mère ; mais, craignantde perdre ses droits à la couronne d’Angleterre, il netarda pas à se réconcilier avec Elisabeth.
Du reste, Philippe II seul songea à venger MarieStuart. Espérant restaurer le catholicisme dans laGrande-Bretagne, dompter les Pays-Bas par l’assujet-tissement de l’Angleterre, il fit les plus vastes prépa-ratifs. Une immense flotte, que les Espagnols décorè-rent du nom d 'invincible armada, se dirigea vers laManche. Elisabeth déploya toute son énergie et touteson activité. Soutenue par l’enthousiasme de la nationet servie par les plus grands marins de l’époque (Ho-ward, Drake, Forbisher), elle brava le danger. L’ar-mada, battue par les tempêtes, harcelée par les vais-seaux anglais, ne put pas même embarquer aux Pays-Basles troupesdu duc de Parmedestinéesà l’expédition.Elle fut à demi détruite ou dispersée : ses débris, pouréviter les flottes anglaises, furent obligés de faire letour de la Grande-Bretagne par le Nord et allèrent