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comme il disait encore, a le saut périlleux, » et ilabjura.
I.'aitjuralion d’Henri IV a été bien diversement jugée : acte plutôtpolitique que religieux, trahissant à la fois ses qualités et ses dé-fauts, elle se présente sous les faces les plus opposées. Le cœur sansdoute d'Henri IV ne fut jamais franchement catholique. Mais sesconvictions n’étaient ni bien arrêtées ni bien profondes. Soit largeurd’idées, soit légèreté de caractère, il se plaçait au-dessus des dif-férences confessionnelles et pensait pouvoir être catholique sanscroire à tous les dogmes de l'Kglise romaine. I)u reste, roi et Fran-çais avant tout, Henri IV regardait comme son devoir de sauver laFrance et sa couronne. Son âme n’était pas assez élevée pour sacri-fier ses intérêts à ses croyances, et sa conscience était trop accom-modante pour ne pas concilier les uns et les autres.
Edit de Nantes. Paix de Vervins (1508).— Les trou-bles ne cessèrent pas tout d’un coup. Mais les diversesrésistances cédèrent devant l’habileté et l'énergie duroi. Paris ouvrit ses portes ; les chefs des ligueurs sesoumirent, tout en vendant chèrement leur soumis-sion. Entin Henri IV donna aux protestants le'célèbreEdit de Nantes, par lequel ils obtenaient, entre autres,la liberté de conscience partout, la liberté du cultedans les châteaux et dans un grand nombre de villes,ainsi que des places de sûreté. La paix extérieure sui-vit de près la pacification intérieure : Philippe II, lasséd’une lutte où il n’avait obtenu que des mécomptes,signa avec Henri IV la paix de Vervins, simple confir-mation du traité de Cateau-Cambrésis. Un peu plustard, le duc de Savoie céda à la France la Presse, leBugey et le pays de Gex, et reçut en échange le mar-quisat de Saluces, dont François I , r s’était jadis em-paré .
A la fin des guerres de religion, la situation intérieure de la Franceétait des plus déplorables. Partout l’anarchie avait arrêté l’activiténationale et engendré la misère. L’autorité royale était considéra-