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Histoire Moderne.
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d’extension territoriale, Louis XIV non seulement vi-sait à réaliser le rêve de Richelieu, c’est-à dire à attein-dre ce que la France regardait comme ses frontièresnaturelles, mais il portait son ambiiion au delà du Rhin,des Alpes et deç Pyrénées. A la vérité, il ne dévoila pastout d'un coup ses vastes plans de conquêtes. La Franceayant atteint les Pyrénées, c’est du côté de l’Est-et duNord qu’il tourna d'abord ses regards. La Franche-Comté, les Pays-Bas espagnols, le duché de Lorraine,les villes impériales d’Alsace, tels étaient les premiersobjets de la convoitise de Louis XIV. C’était donc l’Alle-magne et surtout l’Espagne qui étaient immédiatementmenacées. Nous savons quelle était la désunion de lapremière et la faiblesse de la seconde. Les prétextesne manqueront pas pour justifier le droit du plus fort !

Les projets de Louis XIV pour le développement dela marine et des colonies françaises étaient tout aussigigantesques. Il ne s’agissait rien moins que de ruinerla Hollande etde supplanterl’Angleterre! - Maislebutsuprême du grand roi, c’était de donner à la France laprépondérance en Europe, non pas seulement la pré-pondérance qui consiste dans l’ascendant moral et quise révèle par l’influence politique, mais celle qui s’im-pose par la suprématie sur terre et sur mer.

Les projets de Louis XIV étaient trop vastes et trop divers pour nepas être chimériques. Vouloir dépouiller l’Allemagne, démembrer lamonarchie espagnole, s’emparer de la péninsule elle-même, abattrel’Angleterre, conquérir la Hollande, dominer à la fois sur le Rhin etsur l’Ebre, sur l’Océan et sur la Méditerranée, c’était évidemmentpoursuivre des buts contradictoires. Vainement la diplomatie fran-çaise déploya la plus grande habileté, cherchant à diviser les uns eta endormir les autres, fomentant des insurrections, donnant la mainici aux protestants hongrois, là aux Turcs, comme jadis François I".Cette diplomatie était trop insensée dans son but et trop violentedans ses moyens pour ne pas soulever contre elle une partie de l’Eu-rope. Les craintes qu’inspirait jadis la maison d’Autriche allaient dé-sormais se tourner contre la France.