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Histoire Moderne.
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XYIie SIÈCLE

la conquête des Pays-Bas espagnols était de commen-cer par celle des Provinces-Unies.

Situation politique de la Hollande. — La Hollande était mal prête àbraver l’orage qui la menaçait. Le gouvernement était entre les mains-du parti républicain, qui avait à sa tête le grand pensionnaire Jeande Witt et tenait éloigné de toute participation aux affaires publiquesle jeune prince d’Oiange (neveu par sa mère du roi d'Angleterre).Ce parti, préoccupé du développement maritime, avait négligé depourvoir à la défense du territoire ; ennemi de l’Angleterre, il tenaità vivre en bonne harmonie avec la France et il y avait réussi jusqu’àla guerre de Flandre. Cette guerre, qui avait dévoilé les projets am-bitieux de Louis XIV, avait indisposé contre lui toute la populationdes Provinces-Unies. Le roi de France de son cèle accusait ses an-ciens alliés de trahison.

Habile diplomatie de Louis XIV. — Afin d’isoler la Hollande, commeprécédemment il avait isolé l’Espagne, il déploya la plus habile stra-tégie diplomatique, parvint à dissoudre la triple alliance, gagna pardes subsides la Suède et le roi d’Angleterre qui lui promirent unecoopération active, entraîna pareillement plusieurs princes d’Alle-magne et endormit par des promesses l'empereur Léopold lui-même.Seul l'électeur de Brandebourg, Frédéric Guillaume, surnommé leGrand Electeur (p. 133), demeura sourd aux propositions insidieusesdu roi et se prépara à défendre une république, dont la ruine eût étéfatale à la fois au protestantisme, à l’Allemagne, et à l’Europe entière.

Invasion de la Hollande. — Louvois fit sans bruitd’immenses armements militaires. Quand tout fut prêt,Louis XIV se jeta sur la Hollande. Ce fut un coup defoudre dans un ciel serein. En peu de jours les arméesfrançaises avaient couvert les provinces méridionales,franchi le Rhin et étaient arrivées à quelques lieuesd’Amsterdam. La Hollande semblait perdue. VainementJean de Witt essaya d’apaiser Louis XIV par les offresles plus avantageuses à la France L’orgueilleux monar-que, enivré de ce succès, les repoussa. Après cette pre-mière faute, il en commit une seconde : au lieu de mar-cher sur Amsterdam et de démanteler les forteresses,comme le voulaient Condéet Turenne, Louis XIV suivitle conseil de Louvois et dissémina l’armée en garnisons