GUERRE UE LA SUCCESSION d’eSI'AGXE.
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Prétendons de Louis XIV et de Léopold. — Louis XIV, soit par safemme, fille aînée de Philippe IV, soit par sa mère, fille aînée de Phi-lippe III, était évidemment l'héritier le plus proche dans la ligne fé-minine. Mais ces deux princesses ayant renoncé à tous leurs droits àla couronne d’Espagne, celle-ci semblait revenir à l’empereur Léopolddont la femme était la fille cadette de Philippe IV et dont la mèreétait également fille cadette de Philippe III. Xous savons déjà queLouis XIV prétendait que la renonciation de sa femme était nulle(p. 186). L’empereur, au contraire, non seulement maintenait la vali-dité de cet acte, mais il soutenait encore que l’héritage de la brancheaînée des Habsbourg devait être transmis par la ligne masculine depréférence aux lignes féminines, c’est-à-dire passer à la branche ca-dette de la maison d'Autriche. Du reste ni Louis XIV, ni Léopold neréclamaient la couronne d’Espagne pour eux-mèmes ; l’un et l'autreprotestaient contre toute idée de réunir la monarchie espagnole àleurs états héréditaires. Le premier en acceptant pour son petit-fils letestament de Charles II, déclara formellement que les deux couronnesde France et d’Espagne demeureraient toujours distinctes. L’empereurde son côté réclamait en faveur de son fils cadet Yarchiduc Charlessous une réserve semblable.
Dispositions de l’Europe. — L’avènement d’un prince autrichiensemblait moins dangereux pour l’Europe, qui était habituée depuisCharles Quint à voir régner une branche des Habsbourg à Madrid,tandis qu’on ne croyait pas qu’il y aurait de distinction entre le gou-vernement de Louis XIV et celui de son petit-fils, et l’on était généra-lement convaincu que l’Espagne serait désormais inféodée à la France.Le projet de monarchie universelle qu’on imputait au grand roi neparaissait plus une calomnie ni une chimère. Les Provinces-Uniessurtout frémissaient à la pensée de voir se réaliser ce quelles redou-taient le plus, l'occupation de la Belgique par la France, occupationque de son côté l’Angleterre considérait comme des plus préjudicia-bles à l'Europe et à elle-même.
Provocations de Louis XIV. La coalition se reforme.—La nouvelle de l’acceptation du testament de Charles IIne produisit d’abord en Europe qu’une sorte de stupé-faction. Les diverses puissances étaient si épuisées parla dernière guérre, qu’elles étaient disposées au main-tien de la paix. Mais les provocations de Louis XIV ral-lumèrent la guerre. Celui-ci, en effet, après avoir prispossession des diverses provinces espagnoles au nom de