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XVIII e SIÈCLE
livrer la Silésie des Autrichiens, fondit sur le maréchalDaun, et remporta sur lui la brillante victoire de Leu-then (considérée par Napoléon comme un des chefs-d’œuvre de l’art militaire). Les Russes et les Suédoisfurent pareillement repoussés par les lieutenants dugrand capitaine. Frédéric termina ainsi dans la gloireune campagne qui avait semblé devoiri’anéantir. Ce futle plus beau moment de sa vie; la fortune lui revenaitpartout.'William Pitt avait refusé de ratifier la conventionde Kloster-Seven, et ses alliés allemands (du Hanovre,du Brunswick, de la Hesse) rentrèrent en campagne.L’équilibre ainsi rétabli, la lutte devenait plus égale.
Caractère de ta guerre de sept ans. — La guerre de sept ans, avecses terribles batailles, n’a rien de national ni rien de populaire pourla plupart des puissances belligérantes. Le peuple en Autriche ou enFrance ne sympathise point avec les victoires ou les revers de la na-tion ; en France même on rit des défaites, on chansonne les honteuxdésastres des créatures de la Pompadour, et l’on admire hautementles victoires du grand Frédéric. L’amour-propre français semblaitavoir abdiqué, soit dégoût pour un ignoble gouvernement, soit instinctque la victoire serait un malheur pour la France dans cette guerreautrichienne. Tout autre était la position du peuple prussien qui com-battait pour son indépendance, et celle de la nation anglaise qui as-pirait à la domination des mers. Ici le vaincu est fusillé et le vain-queur porté en triomphe.
La guerre de sept ans présente bien des péripéties ; mais celles-cisont dues surtout aux événements militaires et ne sont pas commedans la guerre précédente le résultat immédiat des oscillations politi-ques. La lutte a deux théâtres principaux : 1“ les bords du Rhin et duWeser, où un habile lieutenant du roi de Prusse, le prince Ferdinandde Brunswick, fait face aux Français ; 2“ les bords de l’Elbe et de l’O-der, où le grand Frédéric en personne tient tête aux Autrichiens etaux Russes.
Vicissitudes de la guerre. — Pendant trois ans laguerre se poursuivit avec des chances diverses. De ter-ribles batailles furent livrées, où de chaque côté on lais-sait jusqu’à 20,000 morts. Frédéric cherchait à suppléerpar la rapidité de ses marches à l’infériorité du nombre.