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ment que le ministère n’avait pas laconfiancedupays.Le roi irrité de ce blâme audacieux prononça la disso-lution de la chambre. Il comptait pour les nouvelles élec-tions gagner l’opinion publique par une glorieuse expé-dition militaire, qui flatterait l’amour-propre national.
La prise d’Alger et les ordonnances. — Depuis long-temps la France avait à se plaindre du dey d’Alger. Unefois même celui-ci avait frappé un consul de cette nation.Une autre fois il avait fait tirer à boulets sur le vaisseaud’un envoyé chargé de traiter avec lui. Charles X résolutenfin de venger ces outrages. Il envoya une flotte, quidébarqua une armée sous les murs d’Alger. Auboutdepeu de jours la ville dut capituler (juillet 1830). Danstoute autre circonstance la prise d’Alger eûtexcitéunvifenthousiasme. Mais les libéraux craignaient que Char-les X ne profitât de ce succès pour faire un coup d’Etat.A la vérité les élections avaient été défavorables auministère. Les 221 qui avaient voté l’adresse avaienttous été réélus Aussi le ministère ne crut pas devoiraffronter la nouvelle chambre, et le 26 juillet le roipromulgua ses fameuses ordonnances qui suspen-daient la liberté de la presse, déclaraient la chambredes députés dissoute et rendaient le système électoraltout aristocratique.
Les trois journées (27 , 28, 2,9 juillet i $30 ]. — Aussi-tôt Paris s’émeut. Déjà le lendemain 27 juillet l’agita-tion prend un caractère menaçant. Les ouvriers im-primeurs, que les ordonnances frappaient dans leurindustrie, parcourent la capitale et soulèvent la foule.Des attroupements se forment et des rixes s’engagentavec les soldats. Le jour suivant Paris se couvre debarricades et l’insurrection éclate, déployant commeétendard le drapeau tricolore, sous lequel la Frances’était couverte de gloire et que les Bourbons avaientrépudié pour revenir au drapeau blanc. Après un rude