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tout vivement une réforme électorale. D’après la chartede 1814, pour être électeur il fallait payer trois centsfrancs d’impositions. La charte de 1830 s’était contentéed’abaisser ce sens électoral à deux cents francs. Le nom-bre des électeurs se trouvait par là excessivement res-treint et la chambre des députés ne comprenait quede grands propriétaires, dévoués, plusieurs même ven-dus à la politique conservatrice du ministère.De toutesparts l’on demandait que ce cens électoral fût abaissé ;les républicains voulaient même le suffrage universel.
En 1847 la réforme électorale devint le mot d’ordrede toutes les nuances du parti libéral. Mais le ministèreGuizot, fort de la majorité qu’il avait su se créer dansles chambres, demeura sourd à la voix de l’opinion pu-blique et repoussa toute modification au système élec-toral. Les réformistes, irrités de ce nouvel échec, ré-solurent d’en appeler au peuple. Us organisèrent dansplusieurs villes des banquets où ils tinrent de violentsdiscours contre le ministère. Un de ces banquets réfor-mistes devait avoir lieu à Paris le mardi 22 février.Leministère le fit interdire.Ce fut le signal d’une immenseagitation. Les cris : Vive la Réforme! A bas Guizot!retentissent partout.Bientôt des rixes s’engagent entrele peuple et la garde nationale. Alors les barricadess’élèvent et l’insurrection commence. Toutefois celle-ci n’éclate avec force que le 23 février. La lutte ne futpas longue. La garde nationale s’interposa entre latroupe de ligne et le peuple. Dans l’après-midi LouisPhilippe consentit à changer de ministère. Le soir Pa-ris illumina et la plus vive allégresse régnait dans lacapitale quand un accident sinistre vint jeter subite-ment l’effroi dans la population.
Vers les dix heures un coup de feu, parti on ne saitd’où, atteignit un soldat d’un bataillon qui gardait leministère des affaires étrangères. Le bataillon répond