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Aussi, dès les débuts de Louis XiV, la France parlahaut et commanda en maîtresse. Sur mer, ses vaisseauxrefusèrent de saluer le pavillon anglais. A Rome, l’am-bassadeur de France ne voulut pas renoncer au privi-lège du droit d’asile, et le pape dut céder. Louis XIVordonna à ses ambassadeurs île rompre avec le vieilusage qui accordait la préséance à l’ambassadeur d’Es-pagne ; celui-ci dut désormais céder le pas au représen-tant du roi de France.
Mais ces succès diplomatiques ne satisfaisaient pasl’ambition de Louis XIV. Il entra bientôt dans la voiedes conquêtes territoriales.
En épousant Marie-Thérèse d’Espagne, le roi deFrance avait renoncé à tous ses droits sur l’héritagedes Habsbourg. Mais à la mort de son beau-père, Phi-lippe IV, Louis XIV réclama les Pays-Bas. Cette reven-dication se basait sur une ancienne coutume de cescontrées, d’après laquelle, lorsqu’un homme avait étémarié deux fois, ses biens étaient dévolus aux enfantsdu premier mariage, à l’exclusion des autres. Or Marie-Thérèse était fille de la première femme de Philippe IV,tandis que l’héritier de la couronne d’Espagne, Char-les II, était fils de la seconde. En vertu du prétendudroit de dévolution, les armées de Louis XIV entrèrenten campagne; Turenne occupa la Flandre, et Coudé, laFranche-Comté.
Mais la Suède, l’Angleterre et la Hollande, qui redou-tait la proximité d’un trop ambitieux voisin, conclu-rent la Triple Alliance et imposèrent leur médiation.Louis XIV dut signer le traité d’Aix-la-Chapelle ( 1668 ),par lequel il rendait la Franche-Comté et la Flandre,sauf douze places fortes à la frontière, entre autresLille et Tournav.
Louis XIV tourna alors sa colère contre les Hollan-dais qui l’avaient arrêté dans sa marche victorieuse. Ilhaïssait du reste ce petit peuple protestant, dont lamarine portait ombrage à Colbert. Lionne sut habile-