LA. MüN'AKCHIK ABSOLUK
93
nier accepta et déchaîna ainsi sur l’Europe une guerreterrible, la guerre de succession d’Espagne. L’adversaireinfatigable de la France, Guillaume III, provoqua lagrande alliance de la Haye, à laquelle adhérèrent l’An-gleterre, le Portugal, la Hollande, l’Empereur et la plu-part des Etats allemands. Louis XIV se trouva en pré-sence d’une formidable coalition européenne. Il n’avaitpmy alliés que les électeurs de Bavière et de Cologne.Le duc de Savoie, d’abord ami de la France, passa en-suite dans le camp adverse.
La France se trouvait déjà appauvrie et affaiblie par laguerre précédente. Ses grands générauxavaientdisparu ;leurs successeurs se montrèrent souvent incapables. Enrevanche, la coalition avait à sa tête deux hommes detalent : le prince Eugène de Savoie, entré au service del’Empereur, était un des meilleurs tacticiens de sonépoque, et le duc de Marlborough, le tout puissantministre anglais, était à la fois un grand homme deguerre et un habile homme d’Etat.
Aussi les armées françaises éprouvèrent-elles échecssur échecs, à Hôchstædt sur le Rhin (1704), à Ramilies(1700) puis, un peu plus tard, à Oudenarde (1708) dansles Pays-Bas, enfin à Turin en I talie (1706). Après Ou-denarde, les coalisés pénétrèrent en France et s’empa-rèrent de Lille. Survint le terrible hiver de 1708 à 1700.La France épuisée demanda grâce. Mais les coalisés,enorgueillis par le succès, imposèrent à Louis XIV desconditions inacceptables. La guerre continua. Le princeEugène et Marlborough remportèrent encore la victoirede Malplaquet. De nouvelles offres de paix faites parLouis XIV furent encore repoussées (1709).
Mais soudain un revirement se produisit. En Angle-terre, une querelle entre la reine et la hautaine duchessede Marlborough amena la disgrâce de celle-ci, puis duduc, enfin la chute du ministère \vhig et l’avènementd’un ministère tory (1710). Presque en même temps,le général français Vendôme remportait en Espagne la