LA MONARCHIE ABSOLUE
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Catherine II (1762-1796) continua avec succès l’œuvrede Pierre le Grand. Elle était Allemande d’origine, fille duduc d’Anhalt, mais elle comprit les intérêts de la Rus-sie et s’y dévoua tout entière.
Elle avait épousé le tsar Pierre III, de la maison deHolstein-Gottorp ; mais au bout de six mois, elle sedébarrassa de son mari en le faisant assassiner. Ellerégna dès lors seule et s’elforça d’appliquer .à la Russieles principes du despotisme éclairé. C’était une femmeinstruite et lettrée, amie des philosophes français ; ellecorrespondait avec Voltaire et Diderot; elle reçut d’eux,malgré les désordres de sa vi.e privée ‘, le surnom deSémiramis du Nord. Son premier ministre, Potemkirx,l’aida puissamment dans son œuvre de réforme.
Elle promulgua des lois utiles au peuple, elle adoucitle servage, abolit la torture et la peine de mort, pro-clama la tolérance, bâtit des villes et des villages, éta-blit des routes et des canaux. Ces réformes étaient, ilest vrai, plus apparentes que réelles, et Catherine cher-chait surtout à éblouir l’Europe et à mériter les louan-ges des philosophes. Cependant son œuvre civilisa-trice n’a pas été complètement stérile.
§ 82. Partage de la Pologne. — Catherine reprit aussiles projets conquérants de Pierre I er . La Pologne luioffrait une proie facile. Cette puissance avait déclinésous les rois saxons Auguste II et Auguste 111. A lamort de ce dernier, les intrigues russes amenèrentl’élection T ,de Stanislas Poniatowski, ancien favori dela tsarine, homme d’un caractère noble et généreux,mais sans énergie (1764-1797»), Dès lors, la Polognetomba complètement sous l’intluence moscovite.
Dans le but d’entretenir les troubles et d’en profiter,Catherine soutint les; dissidents polonais, orthodoxes et
1 « Elle a, disait Diderot, l'Aine de Brutus sous la figure de Gléo-pàlre. »