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Histoire moderne et histoire contemporaine / par Paul Maillefer
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HISTOIRE GÉNÉRALE

lions, ce qui vaudrait plus dun milliard aujourdhui.La proportion était à peu près la même dans la plupartdes pays catholiques. La grosse part de ces revenus al-lait au haut clergé. Les curés de campagne vivaientsouvent dune façon assez misérable. Les revenus duneabbaye, dun évêché, dune cure riche ou dune fonda-tion pieuse étaient quelquefois attribués à des laïques,à des cadets de famille, à des femmes même 1 .

La noblesse avait partout des prérogatives; elle étaitdispensée de certaines redevances. Lorsque Frédéric-Guillaume I er voulut imposer les nobles prussiens, ceux-ci prétendirent quune pareille mesure entraînerait laruine de lEtat. En France, on distinguait la noblessede robe et la noblesse dépée. La noblesse de robe serecrutait dans la bourgeoisie riche. Celle-ci pouvait eneffet acheter les hautes charges de justice ou de finance,dont les titulaires étaient anoblis par le roi. La noblessedépée se divisait en grande noblesse, ou noblesse decour, qui vivait dans lentourage du roi, et en petitenoblesse, ou noblesse de province, qui menait, dans lesmanoirs ou châteaux, une existence rustique et parfoisbesogneuse.

Le tiers Etat comprenait les bourgeois, les artisans,les paysans des campagnes. On appelait principalementbourgeois ceux qui exerçaient des professions libérales,les fonctionnaires, les riches marchands, les rentiers.Les artisans étaient divisés en corporations, comprenantchacune les maîtres ou patrons, les compagnons ou ou-vriers et les apprentis.

La condition du paysan était, jusquau XVlII mo siècle,misérable un peu partout. Comme au moyen âge, ilétait chargé de la plus lourde part des contributions. Lamoitié, les trois quarts parfois du produit de sa terrepassaient en dîmes, cens et redevances de toutes sortes.Dans plusieurs Etats de lAllemagne, le servage subsista

1 Labbaye, la cure, dans ce cas, était en commande.