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HISTOIRE GÉNÉRALE
lions, ce qui vaudrait plus d’un milliard aujourd’hui.La proportion était à peu près la même dans la plupartdes pays catholiques. La grosse part de ces revenus al-lait au haut clergé. Les curés de campagne vivaientsouvent d’une façon assez misérable. Les revenus d’uneabbaye, d’un évêché, d’une cure riche ou d’une fonda-tion pieuse étaient quelquefois attribués à des laïques,à des cadets de famille, à des femmes même 1 .
La noblesse avait partout des prérogatives; elle étaitdispensée de certaines redevances. Lorsque Frédéric-Guillaume I er voulut imposer les nobles prussiens, ceux-ci prétendirent qu’une pareille mesure entraînerait laruine de l’Etat. En France, on distinguait la noblessede robe et la noblesse d’épée. La noblesse de robe serecrutait dans la bourgeoisie riche. Celle-ci pouvait eneffet acheter les hautes charges de justice ou de finance,dont les titulaires étaient anoblis par le roi. La noblessed’épée se divisait en grande noblesse, ou noblesse decour, qui vivait dans l’entourage du roi, et en petitenoblesse, ou noblesse de province, qui menait, dans lesmanoirs ou châteaux, une existence rustique et parfoisbesogneuse.
Le tiers Etat comprenait les bourgeois, les artisans,les paysans des campagnes. On appelait principalementbourgeois ceux qui exerçaient des professions libérales,les fonctionnaires, les riches marchands, les rentiers.Les artisans étaient divisés en corporations, comprenantchacune les maîtres ou patrons, les compagnons ou ou-vriers et les apprentis.
La condition du paysan était, jusqu’au XVlII mo siècle,misérable un peu partout. Comme au moyen âge, ilétait chargé de la plus lourde part des contributions. Lamoitié, les trois quarts parfois du produit de sa terrepassaient en dîmes, cens et redevances de toutes sortes.Dans plusieurs Etats de l’Allemagne, le servage subsista
1 L’abbaye, la cure, dans ce cas, était en commande.