LA MONARCHIE ABSOLUE
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jusqu’à la Révolution. Cependant cet état de chosess’améliora au XVIII rae siècle. Les despotes éclairés aboli-rent le servage. En France, Parmentier répandit laculture de la pomme de terre, qui suppléa au manquede blé. Les années de disette devinrent plus rares et lesfamines moins cruelles.
§91. Les mœurs. — Les mœurs étaient encore gros-sières au XVl mc et même au XVII me siècle. L’usage de lafourchette ne se généralisa en France, dans la hautesociété, qu’à l’époque d’Henri IV et, dans la bourgeoisie,au XVII me siècle seulement. Auparavant, on se servaitavec les doigts, et c’est également avec les doigts quel’on portait la viande à sa bouche. On n’eut longtempsqu’un seul verre pour tous les convives. Encore audébut du règne de Louis XIV, même à la cour, mêmedans les dîners de cérémonie, on mangeait le potage encommun, chacun puisant à son tour dans la soupièreunique. L’usage d’assiettes individuelles s’introduisit,dans la haute société, vers la seconde moitié du XVII m ®siècle, et cinquante ans plus tard seulement dans labourgeoisie. Les instincts brutaux qui subsistaientmême parmi la noblesse se manifestaient par la fureurdu duel. Les .plus grossières plaisanteries étaient demise, même avec les dames.
Les choses changèrent au commencement du règnede Lonis XIV. A Paris, M me de Rambouillet et les Pré-cieuse s introduisirent des mœurs moins rudes et des ma-nières plus distinguées. L’incivilité fit place au respectenvers les femmes, à la courtoisie envers les hommes,à l’aisance dans les manières, à la politesse française,en un mot. Celle-ci donna peu à peu le ton à l’Europe.
Le goût s’épura. Il était interdit d’employer, dans labonne compagnie, des expressions vulgaires ou triviales.Les Précieuses poursuivirent un grand nombre de termespopulaciers, ou exotiques, ou pédantesques. Elles furentsecondées dans cette œuvre par les académiciens et les