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HISTOIKK GENERALE
gabelle 1 en particulier étaient onéreux et détestés.L’armée était composée de volontaires, enrôlés de forceou par surprise. La justice était vénale et barbare; latorture et les supplices cruels étaient encore en vi-gueur.
La. liberté individuelle n’existait pas. Un ordre dugouvernement, une lettre de cachet, comme on disaitalors, suffisait pour faire enfermer un citoyen. Le roi,les ministres, leurs commis disposaient ainsi à leurgré de la personne de tous les Français 1 2 . On ne con-naissait pas la liberté de conscience, ni la liberté de lapresse : la censure s’appliquait à tous les écrits, etrien ne s’imprimait sans son consentement. — On neconnaissait pas la liberté de commerce ; l’exercice desindustries appartenait à des corporations privilégiées.
Les Français ne possédaient pas la liberté. Ils n’avaientpas davantage l 'égalité. L’ancienne société était fondéesur les privilèges. La nation était divisée en troisordres : le clergé, la noblesse, le tiers Etat.
Le clergé jouissait d’immenses domaines et étaitexempt d’impôts; il surveillait l’école et tenait lesregistres de l’état civil. La noblesse exerçait les droitsféodaux; on lui réservait les emplois à la cour et lesgrades d’ofticiers à l’armée; elle était aussi exempte desplus lourdes redevances. Le tiers Etat supportait pres-que toutes les charges; il était méprisé par les deuxautres ordres. Encore y avait-il, dans son sein, des dif-férences et des inégalités.
A mesure que, sous l’iniluence des philosophes, lesesprits se réveillaient, les abus du despotisme et lesinconvénients de l’arbitraire paraissaient plus cho-quants. Et les hommes éclairés réclamaient des réfor-
1 Impôts sur les boissons et sur le sel.
2 Latude resta enfermé trente-cinq ans à la Bastille.— « Personne,disait Malesherhes, n'est assez (<rand pour être à l’abri de la hained’un ministre, ni assez petit pour n’êlre pas dijtne de celle d'uncommis. »