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Histoire moderne et histoire contemporaine / par Paul Maillefer
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HISTOIKK GENERALE

gabelle 1 en particulier étaient onéreux et détestés.Larmée était composée de volontaires, enrôlés de forceou par surprise. La justice était vénale et barbare; latorture et les supplices cruels étaient encore en vi-gueur.

La. liberté individuelle nexistait pas. Un ordre dugouvernement, une lettre de cachet, comme on disaitalors, suffisait pour faire enfermer un citoyen. Le roi,les ministres, leurs commis disposaient ainsi à leurgré de la personne de tous les Français 1 2 . On ne con-naissait pas la liberté de conscience, ni la liberté de lapresse : la censure sappliquait à tous les écrits, etrien ne simprimait sans son consentement. On neconnaissait pas la liberté de commerce ; lexercice desindustries appartenait à des corporations privilégiées.

Les Français ne possédaient pas la liberté. Ils navaientpas davantage l 'égalité. Lancienne société était fondéesur les privilèges. La nation était divisée en troisordres : le clergé, la noblesse, le tiers Etat.

Le clergé jouissait dimmenses domaines et étaitexempt dimpôts; il surveillait lécole et tenait lesregistres de létat civil. La noblesse exerçait les droitsféodaux; on lui réservait les emplois à la cour et lesgrades dofticiers à larmée; elle était aussi exempte desplus lourdes redevances. Le tiers Etat supportait pres-que toutes les charges; il était méprisé par les deuxautres ordres. Encore y avait-il, dans son sein, des dif-férences et des inégalités.

A mesure que, sous liniluence des philosophes, lesesprits se réveillaient, les abus du despotisme et lesinconvénients de larbitraire paraissaient plus cho-quants. Et les hommes éclairés réclamaient des réfor-

1 Impôts sur les boissons et sur le sel.

2 Latude resta enfermé trente-cinq ans à la Bastille. « Personne,disait Malesherhes, n'est assez (<rand pour être à labri de la hainedun ministre, ni assez petit pour nêlre pas dijtne de celle d'uncommis. »