LA REVOLUTION
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S 123. Napoléon remanie la carte de l’Europe. — La vic-toire d’Austerlitz mettait l’Europe centrale à la mercide Napoléon. Il en profita pour asseoir sa dominationsur tous les pays voisins. (1 était déjà roi d’Italie et mé-diateur de la Suisse 1 . A Naples, il déposséda la dynastiedes Bourbons et donna le royaume à son frère JosephBonaparte 2 ; un autre de ses frères, Louis Bonaparte,devint roi de Hollande (République batave), et Bertkierfut créé prince de Neuchâtel. Seize souverains alle-mands se détachèrent de l’Empire et formèrent laConfédération du Rhin s , alliée à la France. Napoléon endevenait le Protecteur ; elle s’engageait en revanche àlui fournir 63000 hommes en cas de guerre. Le Saint-Empire romain-germanique, fondé en 962 par Otto I er ,cessa d’exister: François II prit le titre de François I erEmpereur d’Autriche.
L’expansion excessive de la domination françaiserompait complètement l’équilibre européen et consti-tuait un danger pour les autres grandes puissances, laPrusse, l’Autriche, la Russie et l’Angleterre. La tyranniede Napoléon finit aussi par exaspérer les peuples et paraliéner à la France les sympathies qu’ils avaient éprou-vées pour elle à l’époque de la Révolution. Le senti-ment national se réveilla très intense, en Allemagnesurtout, et le despotisme de Napoléon contribua beau-coup à le développer.
124. Quatrième coalition ; la Prusse écrasée. — Detoutes les nations voisines, la Prusse était la plus sérieu-sement menacée. La fondation de la Confédération duRhin constituait pour elle un danger. Elle n’avait pas
1 r.elle-ci s’était engagée à lui fournir ÎGOOI) soldats.
2 Les Hourbons se réfugièrent en Sicile.
a Elle comprenait l’Allemagne moins la Prusse, l'Autriche, leduché-(le Brunswick et la Hesse électorale. Une foule de petitssouverains restés immédiats furent médiatisés, c'est-à-dire subor-donnés aux plus grands Etats.