LA RKVOLUTtON
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presque aussi funeste aux continentaux qu’aux Anglais.On souffrit de la privation des denrées coloniales :sucre, café, thé. Certaines industries, comme celle ducoton, périclitèrent faute de matière première ; un grandnombre de commerçants furent ruinés. Enfin l’applica-tion du blocus poussa l’Empereur à un système d’op-pression qui ne pouvait durer bien longtemps.
Les Anglais, du reste, prirent des mesures de revan-che ; les ordres en conseil défendaient aux navires d’en-trer dans un port ducontinent sans avoirpassé par un portanglais. La Hotte bri-tannique bombardaCopenhague pourpunir le Danemarkd'avoir adhéré aublocus continental.
11 fut impossibled’exécuter stricte-ment le décret deDerlin. Une contre-bande effrénée s’or-ganisa, en Francemême, avec la con-nivence des agents du fisc, et surtout dans les autrespays, peu soucieux de ruiner leur commerce. Pourrendre la surveillance plus efficace, Napoléon se vitcontraint d’annexer directement à son Empire des ter-ritoires toujours plus vastes, qui l’agrandirent d’unefaçon démesurée et anormale. Pour contraindre lesEtats récalcitrants à entrer dans son système, l’Empe-reur fut obligé peu à peu de faire la guerre à toutel’Europe.
Le Portugal, attaqué le premier, subit de gravesrevers ; une armée française (Junot) occupa Lisbonne;la famille royale s’enfuit au Brésil (1807). L’Empereur
Fig. 54. — Arc de triomphe de l'Etoile.(Voir g 121. p. 180.)