LA REVOLUTION
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loin de la Moscova, les battit, et put ainsi pénétrer àMoscou (14 septembre 1812). Les habitants s’étaientenfuis et, le lendemain éclatait un terrible incendiequi détruisit une partie de la ville 1 .
Napoléon, maître de Moscou, ne l’était pas de laRussie. Il le comprit et envoya au tsar des propositionsde paix. Mais celui-ci fit attendre longtemps sa réponse.Quand elle arriva, elle était négative. Passer l’hiver àMoscou était impossible. Les Français durent se résou-dre à la retraite. Elle commença le 19 octobre et futdésastreuse. L’hiver fut, cette année,- particulière-ment précoce et rigoureux; l'armée, exposée au froid età la faim, harcelée par les soldats ennemis, périt pres-que tout entière dans les plaines glacées de la Russie.Ses débris réussirent, après une lutte sanglante, à fran-chir encore la Bérésina ; mais quelques bandes seules,24000 hommes environ, repassèrent le Niémen (décem-bre 1812).
§ 129. Campagne d’Allemagne. — A la nouvelle decette catastrophe, tous les peuples courbés sous le des-potisme impérial relevèrent la tète. Une sixième coali-tion s’organisa, dans laquelle entrèrent la Russie, l’Au-triche, la Prusse, l’Angleterre, la Suède 2 et plus tardla Ravière et les autres princes allemands.
L'Allemagne combattait pour la liberté : en Prussesurtout, un enthousiasme guerrier animait la nation.Les appels 3 du roi Frédéric-Guillaume III : A mon peu-ple, A mon armée, trouvèrent un vibrant écho dans le
1 Moscou était surtout une ville (le bois. Le gouverneur deMoscou, Hostoptcliine, avait eu soin d’éloigner toutes les pompesà incendie, au nombre de 11500.
2 Bernadotte n’aimait pas Napoléon ; en outre, la Suède s étaitalliée avec la Russie dans le but d’obtenir la Norvège, en compen-sation de la Finlande.
3 « Brandebotirgeois, Prussiens, Silésiens, Poméraniens, Lithua-niens : Vous savez ce que vous avez souffert depuis sept ans! »