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rent en possession de leurs Etats : ils furent, comme ondisait, restaurés, d’où le nom de Restauration donné àcette période. Lorsque l’Europe sortit de la terriblecrise causée par les guerres de la Révolution ;et del’Empire, tous les peuples éprouvèrent un véritablesoulagement à se sentir délivrés de l’oppression napo-léonienne. Mais, d’autre part, ils entendaient bien pro-fiter de l’application des grands principes de liberté etd’égalité qu’avait popularisés la Révolution. Les sou-verains, au contraire, encore tremblants des catastro-phes qui avaient ébranlé leurs trônes, rejetaient en bloctout ce qui s’était passé depuis 1789, et s’efforçaient derestaurer complètement l’ancien régime L
En fait, un certain nombre des conquêtes de l’espritnouveau restèrent acquises à la plupart des peuples.Ainsi la liberté de commerce et d’industrie, l’abolitiondu servage personnel, l’égalité des citoyens devant laloi, une administration plus intègre et plus régulière.
Mais à part cela, les absolutistes soutenaient encorela théorie du droit divin; ils refusaient à leurs peuplesune Constitution et, là où il y en avait une, ils cher-chaient à la rendre illusoire. Ils surveillaient et entra-vaient la presse, ils persécutaient les défenseurs desidées nouvelles.
Les libéraux, au contraire, prétendaient que l'exis-tence de la royauté repose sur un contrat. La souverai-neté réside dans la nation ; celle-ci la délègue à ses re-présentants et au roi. La représentation nationale formele parlement, qui vote les impôts, contrôle l’adminis-tration, élabore les lois. En cas de conflit entre le roi etla nation, l’opinion de cette dernière doit l’emporter.Les libéraux réclament la liberté de la presse, pour quel’opinion publique soit renseignée surdes actes du gou-vernement, et qu’elle puisse aussi faire entendre sa
1 L’Electeur de Hesse prétendait ramener à leur ancien gradeles officiers qui avaient avancé pendant son absence.