LA RKVOLUTION
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Devant, ces manifestations révolutionnaires, les apô-tres du régime autocratique, Metternich en tète, pri-rent peur, et résolurent de combattre à outrance l’es-prit démagogique. Un congrès des souverains 1 (1819)organisa la lutte. La presse fut soumise à une censuresévère ; les Universités furent strictement surveillées ;la Bursehenschafl fut supprimée et les sociétés de gym-nastique interdites. D'injustes persécutions atteignirenttous ceux que l’on soupçonnait de libéralisme.
S 198. La péninsule ibérique. — Après la chute deNapoléon et l’expulsion de Joseph, l’Fspagne se trou-vait dans une Situation déplorable. Le pays était dévastépar la guerre ; le peuple était appauvri et sauvage. Fer-dinand VII, de la maison de Bourbon, qui remonta surle trône, n’avait aucune des qualités nécessaires pourréparer les maux qu’avait endurés la péninsule. 11était, suivant l’expression de Napoléon, « très faux, trèsbête et très méchant ». Il supprima aussitôt la Consti-tution de 1812. 11 rétablit la noblesse et le clergé dansleurs anciens privilèges, rappela les Jésuites, restaural’Inquisition, persécuta les éléments libéraux, exerçade terribles représailles contre ceux qui avaient pactiséavec la France. La coterie toute puissante des courti-sans (Camarilla) gouvernait dans le sens le plus réac-tionnaire.
Le libéralisme opprimé se réfugia dans les sociétéssecrètes et conspira en silence. Le 1 er janvier 1820, unsoulèvement militaire éclatait à Cadix; le mouvements’étendit bientôt à toute la péninsule. Le roi dut céder;la Constitution de 1812 fut rétablie, et les Cortès seréunirent à nouveau.
Mais après la victoire, les libéraux se divisèrent. Leroi n’avait fait des concessions qu’à regret. Il implorale secours de la Sainte-Alliance: le congrès des puissan-
Gongrès de Karlshad.