LA REVOLUTION
213
donna du courage aux libéraux belges. Le soir du25 août (1830), à la sortie de l’Opéra, où l’on avait repré-senté la Muette de Portici, le peuple de Bruxelles sesouleva. Un gouvernement provisoire fut organisé, etl’insurrection s’étendit bientôt à toutes les provinces.Les troupes hollandaises durent quitter le pays, et lecongrès national proclama l’indépendance de la Belgique(18 novembre 1830).
Une conférence des cinq grandes puissances, réunieà Londres et inspirée par le ministre anglais lord Pal-merston, reconnut le nouvel Etat. Celui-ci s’organisa enmonarchie constitutionnelle, et offrit la couronne àLéoi’Old I er , de la maison de Cobourg. La guerre avecla Hollande dura encore quelques années, mais celle-cidut, en fin décompté, accepter le fait accompli.
La constitution belge était très libérale ; mais enmême temps, elle accordait à l’Eglise catholique desconcessions capitales. Celle-ci, déclarée complètementindépendante de l’Etat, s’administre à sa guise, tout enbénéficiant du budget des cultes. Devenue ainsi toutepuissante, elle lutta souvent avec avantage contre l’élé-ment avancé. La division profonde entre les libéraux etles cléricaux est, encore aujourd’hui, un des traitscaractéristiques de la politique belge.
§ 145. La Révolution polonaise. — Par une anomalieassez bizarre, la Pologne, sujette de la Russie autocra-tique, jouissait du régime constitutionnel.. Mais lespatriotes polonais supportaient avec impatience la domi-nation moscovite et rêvaient de restaurer une Pologneindépendante. D’autre part, lorsque Nicolas I er suc-céda à son frère Alexandre, il essaya de restreindre leslibertés de ses sujets; à plusieurs reprises, elles furentviolées. L’irritation allait grandissant : enfin, à la nou-velle des événements de Paris, les patriotes se soulevè-rent (29 novembre 1830).
La Révolution triompha tout d’abord. Le vice-roi,