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HISTOIRE GÉNÉRALE
dique était soumis à la surveillance du préfet. Celui-cipouvait envoyer au journal un avertissement , puis lesuspendre, enfin le supprimer. La liberté individuellen’était qu’un vain mot. Napoléon avait une police activeet impitoyable, qui surveillait les agitateurs ou les mé-contents, et faisait arrêter les suspects. Ce régime durajusqu’en 18(10.
A partir de cette date, le clergé, mécontent de la fon-dation du royaume d’Italie, cessa de soutenir le régime.L’Empereur chercha alors l’appui des libéraux, et fitquelques concessions. Mais l’opposition n’étant plusbâillonnée devint toujours plus puissante ; elle fitentrer à la Chambre, en 1803, 35 députés. En 1869,116 députés signèrent une adresse réclamant le régimeparlementaire.
Alors Napoléon céda tout à fait, et se résolut à prati-quer de bonne foi le régime libéral (6 septembre 1869).Le Sénat devenait une sorte de Chambre des pairs quiapprouvait les lois votées par le Corps législatif. Lesministres étaient responsables devant la Chambre. Leplébiscite du 8 mai 1870 approuva, par sept millions etdemi de voix, la nouvelle Constitution. Mais les répu-blicains irréconciliable s 1 persistèrent dans leur opposi-tion intransigeante.
Malgré ses vices, le second Empire marque pour laFrance une période d’éclat et de prospérité. Le mariagede l’Empereur avec une Espagnole, Eugénie de Montijo(1853), et la naissance d’un héritier (1856), semblaientassurer' l’avenir de la dynastie. Napoléon voua tous sessoins au développement économique du pays. Il encou-ragea l’agriculture, l’industrie et le commerce; lesexpositions universelles de 1855 et de 1867 démontrèrentque ses efforts n’avaient pas été inutiles. Il améliorasensiblement les voies de communication, en favorisantla construction de routes et de lignes ferrées, ainsi que
’ A leur tète Gambetta, élu député de Paris en 18l>9.