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HISTOIRE GÉNÉRALE
à propos du Texas ; l’Union en sortit victorieuse, elles’empara de tous les territoires cpii s’étendent des mon-tagnes Rocheuses à la mer. Elle avait ainsi atteint seslimites naturelles et touchait aux deux océans (1849).
Le principe de l’Union reposait, dès l’origine, sur unfédéralisme bien entendu. A part les compétences réser-vées au pouvoir central, chaque Etat s’organise à songré et se donne la Constitution qui lui convient, pourvuque celle-ci consacre les grands principes de liberté etd'égalité. En outre, chaque citoyen jouit du maximumde liberté personnelle compatible avec l’ordre public.
Le développement prodigieux de l’Union lui donnade bonne heure le sentiment de sa force. Elle prétenditêtre la puissance dirigeante de l’Amérique, et, déjà en1823, lorsque les Etats européens faisaient mine d’in-tervenir entre l’Espagne et ses colonies révoltées, lePrésident Monroë formula sa fameuse doctrine : « L’Amé-rique aux Américains. »
§ 163. Guerre de Sécession. — Mais des différences pro-fondes de caractère et de mœurs subsistaient néanmoinsentre les diverses parties du pays. Le contraste étaitsurtout sensible entre les Etats du nord etceuxdu sud.Ces derniers étaient habités par de grands proprié-taires, planteurs de canne à sucre, de riz, de coton, quifaisaient cultiver leurs immenses domaines par desesclaves. Or l’esclavage était condamné par les nationscivilisées ; le congrès île Vienne 1 1815) avait suppriméla traite ; les Etats du nord avaient affranchi les nègresdès 1827, et l’Angleterre dès 1833. Mais les Etats du sudrefusaient de suivre cet exemple : c’était pour eux,disaient-ils, une question de vie ou de mort. Les deuxpartis, esclavagiste et abolitionniste, se livraient unelutte acharnée.
Ce dernier remporta, en 1860, un triomphe décisif,lorsque Abraham Lincoln, candidat du nord et aboli-tionniste convaincu, fut élu à la présidence des Etats-