HISTOIRE CONTEMPORAINE
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mesures n’améliorèrent pas sensiblement la situationgénérale. Ecrasé par les indemnités de rachat, l’ancienserf devenu paysan se trouva aussi misérable que parle passé. L’administration restait déplorable et profon-dément corrompue. Enfin, malgré les réformes, lerégime autocratique pesait durement aux classes cul-tivées.
Dans ces conditions, les révolutionnaires avaientbeau jeu. Les plus exaltés, les nihilistes ou anarchistes,en étaient arrivés à l’idée qu’il fallait détruire l’état dechoses existant pour reconstruire sur ses ruines lasociété moderne. Les attentats se multiplièrent ; plu-sieurs hauts fonctionnaires furent assassinés ; le tsar,souvent menacé, n’échappa que par miracle. Il sedécida à faire des concessions libérales L Mais, commeil venait de signer un ukase décrétant la convocationd’une sorte d’assemblée de notables, il fut tué par unebombe anarchiste (mars 1881).
Son fils et successeur, AlexandreIII, chercha le salutdans la réaction 2 . En outre, le gouvernement, livré àl’influence des panslavistes, poursuivait avec énergie larussification des provinces allogènes, celles du sud-ouest, les provinces baltiques, la Finlande. Dans lesprovinces baltiques, allemandes de langue et de culture,le tsar supprima les anciens droits et privilèges ; lerusse devint la langue officielle; l’école fut russifiée. Enmême temps, les Juifs étaient, dans tout l’Empire, l’ob-jet de mesures vexatoires.
Nicolas II (de 1894 à nos jours) continua la politiqued’Alexandre III. La russification continua ; elle sévitsurtout en Finlande. Une série de mesures privèrent legrand-duché de ses antiques privilèges et de ses insti-tutions spéciales ; enfin, le tsar couronna son œuvreen prononçant l’annexion de la Finlande.
1 Ministre Loris Mélikof.
* Influence de Pobiodonostsef.
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