HISTOIRE CONTEMPORAINE
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En 1877, la reine Victoria a été solennellement pro-clamée Impératrice des Indes, et la politique impéria-liste 1 ou politique de conquêtes a presque toujours pré-valu sur la politique du statu quo.
En Europe, l’Angleterre ne pouvait qu’accepter lasituation créée par le traité de Francfort et, plus tard,par la Triplice. Là, son action était forcément limitée.Cependant, depuis l’avènement d’Edouard VII (1901)elle s’est franchement alliée- avec la France. En Orient,elle s’est surtout préoccupée d’empêcher le démembre-ment de la Turquie ; cette attitude lui valut de la partde la Porte, la cession de Chypre.
| 188. La question irlandaise, Parnell et le « Homerule ». — Une question prime toutes les autres dans lapolitique intérieure du Royaume-Uni : la questionirlandaise. Elle s’était assoupie depuis O’Connell, maisla situation misérable du paysan irlandais était toujoursla même. La société secrète des fenians, recrutée sur-tout parmi les Irlandais d’Amérique, réussit à créerune agitation révolutionnaire (1865-1867), et committoutes sortes de crimes et de déprédations. Gladstoneessaya de parer à un état de choses déplorable. Il pro-mulgua le Land act, qui protégeait le fermier irlandaiscontre l’arbitraire du propriétaire anglais (1870). Maisces concessions ne satisfaisaient point les Irlandais; ilsréclamaient I & Home rule, ou gouvernement indépen-dant, avec Parlement à Dublin.
La cause irlandaise trouva un défenseur énergiquedans Parnell. Entré au Parlement, comme député irlan-dais, en 1875, il organisa une obstruction systématique,qui devait durer tant que l’on ne ferait pas droit auxrevendications de l’île. En dehors du Parlement, il créala Ligue agraire irlandaise (Land league), association
1 On l’appelle aussi le jingoïsme, et ses adeptes les jingos. Ilsse disent les partisans de la plus grande Bretagne, et accusent leursadversaires de préférer une plus petite Angleterre.