ORIGINES RE LA CONFÉDÉRATION
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de Schwytz , remarqua une belle maison de paysans et s’é-cria : « Peut-on souffrir que de vils paysans bâtissent de sibelles maisons?» Le propriétaire. Werner Stauffacher , toutà la fois inquiet et irrité, se rendit àUri, auprès de son amiWalther Fürst . Il y trouva Arnold du Melchthal. Tous troiss’entretinrent de la misère du pays et des moyens d’y por-ter remède. Ils se réunirent plusieurs fois, de nuit, dansun lieu solitaire situé au bord du lac des Waldstætten , àla frontière d’Uri et d’Unterwald . Cet endroit formait unevaste prairie, le Grütli ou Rütli, au pied du Seelisberg.
Enfin, dans la nuit du mercredi avant la Saint-Martin,7 novembre de l’an 1307, Werner Stauffacher , Walther Fürst et Arnold du Melchthal se rendirent au Grütli, accom-pagnés chacun de dix hommes de sa vallée. Là, ils jurèrentde délivrer le peuple opprimé et de lui rendre ses anciensdroits; de chasser les baillis, mais sans verser une seulegoutte de sang.
Ce serment prêté, ils regagnèrent leurs demeures et at-tendirent le jour (1 er janvier 1308) fixé pour l’exécution deleur généreux dessein.
Dans l’intervalle, Gessler ayant probablement conçu quel-que soupçon de ce qui se préparait, fit élever sur la placed’Altorf une perche surmontée du chapeau ducal d’Autri che . Chacun devait s’incliner devant ce symbole de l’auto-rité souveraine. Seul, un arbalétrier de Bürglen , Guillaume Tell , refuse de s’incliner. Aussitôt il est arrêté, conduitdevant le bailli et condamné par celui-ci à abattre, avec uneflèche et à la distance de cent pas, une pomme placée surla tête de son jeune fils. Tell implore en vain la miséricordedu bailli. Il tire et perce la pomme.
Mais Gessler a remarqué que, avant de tirer, Tell a cachéune seconde flèche sous son vêtement. Il lui demandepourquoi. « Pour te percer le cœur, si j’avais tué mon en-fant! » Le tyran le fait aussitôt charger de fers et ordonnequ’il soit conduit captif au château de Küssnacht . Lui-mêmeprend place sur la barque. Bientôt un vent violent s’élève;les ondes furieuses s’entr’ouvrent, menaçant d’engloutir etla barque et ceux qu’elle porte. Saisi de frayeur, Gessler fait délier Tell, aussi habile batelier qu’arbalétrier. Tell