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Tome second.
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Architecture Hydraulique, Livre IIï.

& que faifantbouillir l’eau, la vapeur quelle exhale augmente fcrefïbrt de l’air à un point qui eft à peine croyable.

L'eau eft 82p. Je ne dois pas oublier de dire que l’eau eft toute remplietout im- d’air ; fi on met de l’eau dans un vafe, qu’on le place fous le re-^w” fe * cipient de la machine du vuide , on voit après un certain nombreferiencefttr de coups de pifton , des bulles d’air, s’élever du fond de l’eauceftqet. jufqu’à la furface où elles fe diflipent, ce qui continue jufqu’àce que le vuide foit entièrement fait, après quoi l’on ne voit plusmonter de bulles, quelque tems que l’eau refte dans la machi-ne > fi on retire cette même eau pour la faire un peu chaufferôt qu’on la remette fous le récipient, à mefure que l’on pompe >on en voit fortir des bulles beaucoup plus grofies qu’auparavant»& il fe fait une effervefcence plus grande que celle qui feroit eau-fée par le feu, qui diminue à mefure que l’eau refroidit, & neceffe que quand elle eft entièrement froide : quoiqu’il foit déjàforti de cette eau beaucoup d’air, elle en contient encore unegrande quantité, puifque fi on la fait chauffer une fécondé fois ,mais un peu plus que la première, on en tirera autant d’air qu’ilen étoit forti 5 continuant à diverfes reprifes de faire chauffer l’eaude plus en plus, on en verra toujours fortir de nouvel air.

830. Ce n’eft pas feulement avec les liqueurs,que l’air a de l'adhé-rence,il en a auffi avec les corps folides-.par exemple fi l’on met uneéguille fur la furface d’un verre d’eau, elle fe foutient, quoi-que fa pefanteur fpecifique foit beaucoup plus grande que cellede l’eau, ce qui vient de l’adherance des parties de l’air à l’aiguil-le , & comme cette aiguille ne touche l’eau que le long de fapartie inferieure, le refte eft comme jporté dans une petite gon-dole d’air : cela eft fi vrai que dès quon mouille l’aiguille pouren écarter l’air qui lui eft contigu , elle ne fumage plus.

Remarque &3 i. L’eau eft plus legere étant glacée, que lorfquelle eftfu» l'eau, liquide puifqu’elle fumage ou flotte fur elle-même ; M. Mariotet» glace, compte qu elle eft plus legere de — , au contraire de ce qui arriveà l’air que le froid condenfe. Cela ne peut provenir que des bul-les d’air, dont la' fubftance de la glace eft parfemée, qui ayantabandonné les pores de l’eau au moment quelle a commencé àfe geler , fe font rafïemblées par plotton, & comme elles ont alors*plus d’agitation, & de force qu’auparavant pour s’étendre, ellesfont occuper à l’eau gelée,. plus de volume que la même quan-tité n’en occupoit auparavant ; c’eft ce qui fait que l’eau quiremplit quelque vafe, s’enfle & fort du vafe à mefure qu’elle feglace, & même le brife fouvent à moins que fa figure n’aille en