IO LA FRANÇAISE DU SIÈCLE.
dansait gaiement dans ces deux endroits, sans son-ger que les cendres de ceux-là qui avaient créé cesjardins enchanteurs et qui venaient d’être mois-sonnés par la faux révolutionnaire étaient à peinerefroidies. »
D’autres bals s’ouvrirent successivement : cefurent les bals de l’Elysée national, ci-devantBourbon, dont le nègre Julien dirigeait l’orchestreavec un rare bonheur, et qui était le Musard del’époque ; on y faisait de délicieuses promenadesen bateau; puis le bal du jardin des Capucines,fréquenté par les marchandes de modes de la rueSaint-Honoré et de la rue Neuve-des-Petits-Champs ;le Ranelagh du Bois de Boulogne, abandonné alorsaux clercs d’huissiers et aux commis marchands ;le Wauxhall, où les tours d’adresse de l’escamoteurWal, aussi bien que les plaisirs de la danse, faisaientaffluer les grisettes du Marais et du quartier duTemple ; tous ces bals étaient ouverts le quintidi etle décadi à la moyenne bourgeoisie. Frascati et lePavillon de Hanovre étaient le rendez-vous deshautes classes de la société. Dans la Cité se trouvaitle bal de la Veillée, où l’on donnait de singuliersconcerts miauliques ; il y avait là une vingtaine dechats dont on n’apercevait que les têtes, disposéssur les touches d’un clavecin : ces touches étaientdes lames pointues dont chacune allait frapper laqueue d’un chat qui poussait un cri, chaque cri