NYMPHES ET MERVEILLEUSES.
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toutes portaient une tunique de mousseline et unpantalon de soie collant, à la façon des danseusesd’opéra ; la plupart avaient des bagues aux orteils. Lelendemain de cette belle fête, des milliers de famillesétaient proscrite's dans leurs chefs, quarante-huitdépartements étaient veufs de leurs représentants ettrente journalistes allaient mourir à Sinnamary ousur les bords de l’Ohio 1 . »
En dehors des fêtes dédiées à la victoire, le gou-vernement des directeurs avait, selon l’usage an-tique, institué des fêtes publiques à dates fixes, enl’honneur de la République et de sa fondation ; d’au-tres consacrées à la Patrie, à la Yertu, à la Jeunesse;il y eut même la-Fête des Epoux , singulier à-proposen ce temps où le divorce faisait rage et où l’on seserait si fort gardé d’élever le plus petit édicule à laFidélité et surtout à la Constance.
Le Luxembourg, dont les cinq Directeurs avaientpris possession, était devenu, ainsi que le remarquele poète Arnault 2 , une véritable Cour; et, commecette cour était très accessible aux femmes, grâce auvoluptueux Barras, elles y avaient apporté les ma-nières les plus douces. La galanterie avait fait dispa-raître peu à peu les austérités républicaines et les
1. Décret du Directoire exécutif, Paris, 18 fructidor an V, qui ordon-nait l’arrestation de trente-deux directeurs de journaux qui furent pourla plupart déportés à ta Guyane française. Voir : Voyage à Cayenne etchez les anthropophages, par Louis Ange-Pitou. Paris, an XIII (1805).
2. Souvenirs d’un sexagénaire, 4 vol. in-8°, 1833.